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"Seule la
reconnaissance du droit du peuple sahraoui à l'autodétermination est
de nature à résoudre le problème", a-t-il affirmé, soulignant
qu'"aucune solution unilatérale ne peut être viable", plaidant,
dans ce contexte, pour "une solution pacifique par l'organisation
sous l'égide de l'ONU d'un référendum d'autodétermination" du peuple
sahraoui.
Le président
Bouteflika a assuré que la question du Sahara Occidental "ne peut
constituer un casus belli entre l'Algérie et le Maroc", soutenant
que les Espagnols "ont tout à gagner à assumer leur responsabilité
morale et historique" sur cette question.
Le président
algérien a invité, à cet égard, l'Espagne à "contribuer activement à
rétablir le peuple sahraoui dans son droit légitime à décider
démocratiquement de son destin".
En voici
l’interview du président algérien au quotidien espagnol "El Pais" :
QUESTION :
Quel doit être, à votre avis, le rôle de l'Espagne dans cette
dispute à propos de son ancienne colonie ?
REPONSE :
Je viens de dire que l'Espagne a une responsabilité morale et
historique dans ce dossier. Il ne s'agit nullement d'une dispute
comme vous dites, mais d'un problème sérieux de décolonisation. Ce
problème concerne le Royaume du Maroc et le Front Polisario.
L'Algérie soutient cette cause comme elle l'a fait partout dans le
monde : pour Belize, Brunei, Surinam, Timor et autres régions du
monde où se posait un problème de décolonisation.
QUESTION :
Le Maroc vient de proposer un plan d'autonomie pour le Sahara
Occidental. Quelle réflexion vous inspire cette démarche ?
REPONSE : Aucune
solution unilatérale ne peut être viable. Seule la
reconnaissance du droit du peuple sahraoui à l'autodétermination est
de nature à résoudre le problème. C'est la position constamment
réaffirmée des Nations Unies.
QUESTION :
Vous êtes un ardent défenseur de l'autodétermination des Sahraouis,
mais, d'après les Marocains et une certaine presse algérienne, il
n'en a pas toujours été ainsi. N'avez-vous pas proposé la partition
du territoire entre un Etat indépendant et le Maroc ? Cette solution
n'est-elle pas réalisée ?
REPONSE :
La partition du Sahara a été faite par le Maroc avec la Mauritanie
de feu le Président Mokhtar Ould Daddah. Si je m'en souviens, cela
s'appelait les accords de Madrid. Il n'était pas alors question de
l'intégrité territoriale du Maroc.
Je n'ai jamais
proposé une telle partition puisque j'ai constamment, et avant même
l'abandon du Sahara par l'Espagne, soutenu le droit à
l'autodétermination du peuple sahraoui.
QUESTION :
Peut-on craindre, si la diplomatie continue à échouer, une reprise
des hostilités entre le Front Polisario et le Maroc ?
REPONSE :
C'est une hypothèse qui, à mon avis, ne peut être écartée mais dont
la réalisation n'est pas du tout souhaitée par nous, qui préférons
la solution pacifique par l'organisation sous l'égide de l'ONU d'un
référendum d'autodétermination.
QUESTION :
L'Algérie pourra-t-elle faire un jour la guerre au Maroc ?
REPONSE :
J'ai dit et répété à maintes reprises qu'en aucun cas, l'affaire du
Sahara occidental ne peut constituer un casus belli entre l'Algérie
et le Maroc.
QUESTION :
Le contentieux sur le Sahara occidental est-il le principal obstacle
à la mise en place de l'Union du Maghreb arabe ? Le développement du
Maghreb ne passe-t-il pas par la relance de l'UMA?
REPONSE :
Il est certain que tant que le problème du Sahara Occidental ne sera
pas résolu de manière satisfaisante et définitive, il sera difficile
de progresser dans la voie de l'édification d'une UMA véritable et
dynamique qui contribuerait, cela ne fait aucun doute, au
développement du Maghreb. (SPS)
020/090/700 141600
MAR 07 SPS |