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(Envoyés spéciaux)
Tifariti (Territoires
libérés), 28/02/2007 (SPS) La conférence internationale de
solidarité avec le peuple sahraoui a clôturé ses travaux mardi à
Tifariti par l’adoption d’un programme de travail, des lettres au
Conseil de sécurité, au SG de l’ONU, à l’UE et de la Déclaration de
Tifariti.
Voici le texte intégral de cette déclaration:
Déclaration finale
Dans le cadre de l’année 2007, Année Internationale de Solidarité
avec le RASD, une Conférence Internationale consacrée à la lutte du
peuple sahraoui a été organisé le 26/27 à Tifariti dans les
Territoire libérés de la RASD. Elle a ressemblé plusieurs
participants venus d'D’Afrique,
d’Europe, d’Amérique Latine…
Organisée pour la première fois à Tifariti, dans les
zones libérées, cette Conférence revêt une importance toute
particulière puis qu’elle coïncide avec la Commémoration par le
peuple sahraoui du 31e anniversaire de la République
Arabe Sahraoui Démocratique.
-La Conférence SALUE la lutte de libération
nationale, que mène le peuple sahraoui sous la direction du Front
Polisario, depuis plus de trois décennies. Elle félicite la RASD,
membre fondateur de l’Union Africaine, pour ses succès, les
consécrations diplomatiques récentes de l’Etat sahraoui en Afrique,
en Amérique latine et ailleurs, sont une autre preuve de l’avancée
de la cause sahraoui dans le monde.
- Préoccupée par la situation de blocage dans
laquelle se trouve le conflit, essentiellement en raison de
l’intransigeance de la partie marocaine, et de l’inaction des
organisations internationales responsables de processus de
décolonisation, ce dont profite le Royaume de Maroc pour asseoir sa
occupation illégale du Sahara Occidental. Les participants à la
Conférence à DEMANDENT à la Communauté internationale,
particulièrement l’ONU, son Conseil de Sécurité, et à l’Union
Européenne, d’entreprendre sans délai une action effective qui
puisse conduire à l’organisation d’un referendum d’autodétermination
à travers lequel, le peuple sahraoui peut décider librement de son
destin.
La Conférence entend à cette occasion REAFFIRMER avec
force son soutien inconditionnel au droit inaliénable du peuple
sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance, et à son
exercice, à travers un referendum libre et démocratique. Les
participants sont convaincus que c’est le seul moyen de parvenir à
une solution juste, pacifique et définitive du conflit du Sahara
Occidental. Le peuple sahraoui étant l’unique dépositaire du droit à
l’autodétermination, personne ne peut déterminer à sa place le
destin de son pays. Un droit, qui est du reste, consacré par les
Charters de l’ONU et de l’Union Africaine, et est reconnu et
recommandé par toutes les résolutions de l’ONU.
La Conférence CONDAMNE par conséquent la politique
d’occupation et d’oppression que mène le Maroc au Sahara Occidental,
ainsi que sa stratégie de contrarier puis de mettre en échec les
efforts et les décisions de la Communauté Internationale. Son rejet
du plan de paix et des accords de Houston auxquels il a pourtant
souscrit, relève de la la mauvaise foi, prouve sa volonté de
continuer à défier le Droit International, et à tourner le dos aux
résolutions du Conseil de Sécurité et de l’Assemblée Générale, qui
toutes reconnaissent au peuple sahraoui son droit à
l’autodétermination..
- Le statut définitif du territoire du Sahara
Occidental étant de la seule prérogative de son peuple. C’est dire
L’INANITE du projet unilatéral marocain de pseudo solution qui est
une démarche illégale, et irrecevable, car incompatible avec le
droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. C’est un coup de
force effronté contre la légalité internationale La Conférence
s’étonne que la France par la voix de son président l’ait qualifié
de « constructif » alors qu’il s’agit d’une agression caractérisée
contre le droit international visant à travestir la réalité d’un
problème de décolonisation.
Les participants considèrent donc cette approche
illégale et antidémocratique parce qu’elle foule au pieds les
décisions des Nations Unies. C’est une fuite en avant dangereuse qui
fait accroître la tension, engendre une situation grave
incontrôlable, qui met en péril la stabilité dans la Région, et
réduirait les chances d’un règlement juste et définitif du conflit.
La Conférence DECLARE donc le projet marocain NUL ET NON AVENU.
C’est pourquoi les participants demande à la France et à son
gouvernement de reconsidérer leur position, et de cesser leur
alignement sur les thèses expansionnistes marocaines. La France en
tant que membre du Conseil de Sécurité permanent gagnerait en
crédibilité en demandant plutôt au Maroc le respect et
l’application du Droit International au Sahara Occidental.
- Dans les territoires occupés la situation ne cesse
de s’aggraver, le Maroc y poursuit sa répression et ses persécutions
contre les populations sahraouies – harcèlement au quotidien des
activistes des Droits de l’Homme, tortures, procès iniques,
conditions inhumaines de détentions, etc-, en même temps qu'il en
interdit l'accès aux observateurs et à la presse. Aux revendications
légitimes réclamant le respect des Droits de leur peuple, à leur
résistance pacifique, le Maroc répond par la répression féroce, par
la violence policière. Ainsi plus de 38 détenus politiques sahraouis
sont en grève de la faim depuis le 30 de janvier, leur situation se
dégrade de jour en jour…
La Conférence DENONCE cet état de fait, exprime son
soutien indéfectible à la résistance héroïque des populations
sahraouies et exige, du Maroc de mettre un terme à sa politique
d’oppression et de répression. Elle DEMANDE notamment aux Nations
Unies de rendre publique le rapport du Haute Commissariat des Droits
de l’Homme sur le Sahara Occidental (15/23 de mai, 19 de juin 2006).
La Conférence DEMANDE au Secrétaire Générale de l’ONU et au Conseil
de Sécurité, d’inclure dans les compétences de la MINURSO la
protection des droits humains de la société civile dans les
territoires occupés du Sahara Occidental.
- A
quelques kilomètres de Tifariti, les autorités d’occupation ont
érigé un "mur de la honte" de plus de
2.700 kilomètres,
qui sépare un peuple, balafre une terre, truffé des mines et
d’engins de mort, il incarne l’occupation, la logique de la force…
Ce MUR DE LA HONTE constitue une insulte à la
conscience universelle et à la dignité humaine, représente
l'autre visage de l’occupation illégale du Sahara Occidental. Erigé
tout le long du Sahara Occidental, ce mur sépare le même peuple
depuis plus de 30 ans, et concentre des moyens de destruction
terrifiants dont des millions de mines de toutes sortes qui
provoquent mort et désolation au sein des populations sahraouies
sans parler de ces conséquences désastreuses écologiques pour la
faune du territoire.
Il y a peine quelques jours des civils sahraouis y
ont laissé leur vie. Le Maroc qui refuse de signer les conventions
et traités interdisant l’usage des mines (Convention d’Ottawa, appel
de Genève…), est comptable de ce gâchis, des ravages de ce mur qui
par sa conception et son architecture rappelle d’autres murs, de
sinistre mémoire, condamné à la chute et à la disparition. Les
participants EXIGENT le démantèlement de ce mur de la honte.
- La Conférence RAPPELLE à l’Espagne ses
responsabilités historiques, et ses obligations morales vis-à-vis de
peuple sahraoui. Son rôle dans la tragédie que continue de vivre
aujourd’hui celui-ci est immense ; n’a d’égal que l’attachement de
l’immense majorité des citoyens et des institutions de l’Etat
espagnol solidaires, de voir l’Espagne s’acquitter du rôle qui
devrait être le sien, à savoir la contribution à la solution juste
et définitive du conflit du Sahara Occidental sur la base de la
légalité internationale, et de l’exercice par le peuple sahraoui de
son droit inaliénable à l’autodétermination.
La Conférence DEPLORE la vente par le gouvernement t
espagnol,de l’armement au Maroc. Ce qui contrarie les efforts de
paix déployés par la Communauté Internationale, et constitue un
danger réel pour les perspectives de
paix et de stabilité dans la Région, en plus d’être un affront à la
position du concert de l’opinion publique espagnol. .
- La
Conférence RAPPELLE à l’Union Européenne, ses responsabilités dans
le drame du peuple sahraoui. L’Union Européenne, grand pourvoyeur
du Maroc, laissera-t-elle
faire indéfiniment celui-ci, alors qu’il est lié à celle-ci par des
accords d’association dont il viole les termes, notamment ceux
relatifs au respect des droits de l’homme, et de la démocratie, en
réprimant des populations qui manifestent pacifiquement, et en
bloquant impunément le droit à la libre expression du peuple
sahraoui consignés dans la charte et dans les résolutions de l’ONU ?
Leur politique concernant le Sahara Occidental doit s’inspirer des
principes fondateurs de l’UE …….
- L’accord de pêche, conclu par l’UE,, est un acte
contraire à la légalité internationale , l, car incluant
illégalement les eaux maritimes du Sahara Occidental. C’est un acte
d’exploitation qui constitue un préjudice énorme pour le peuple
sahraoui. La Conférence DEMANDE SA REVOCATION tant il est vrai qu'il
n'est pas conforme au Droit international.
La Conférence REITERE SA DENONCIATION de la
politique des autorités marocaines et leurs tentatives d’impliquer
des sociétés et des gouvernements étrangers, dans le pillage et le
bradage des ressources naturelles et
halieutiques du Sahara Occidental.
- A l’occasion de leur visite aux campements de
réfugies sahraouis, les participants ont pu constater la dégradation
des conditions de vie des populations de réfugies au plan
alimentaire. Ils ont pu relever le manque criant des produits de
base. Cela est dû au manquement des agences de l’ONU,
particulièrement le UNHCR et le PAM – à leur engagement envers les
réfugiés sahraouis. La conférence lance un APPEL PRESSANT à ces
mêmes agences, à l’Union Européenne et à toute la Communauté
Internationale, afin d'assurer aux réfugiés sahraouis une aide
humanitaire suffisante dans le respect et la dignité. La situation
faite aux Sahraouis est scandaleuse, interpelle la conscience de
l’Europe comme celle du monde. Eux qui attendent depuis plus de 30
ans que l’ONU organisent un référendum d’autodétermination qui leur
permet de définir l’avenir de leur pays, d’y revenir en toute
liberté pour profiter de ses richesses et être à l’abri des besoins
et des aides internationales. Au Sahara Occidental il y a urgence,
il faut agir.
L’Algérie a toujours apporté son soutien et sa solidarité concrets à
la cause juste du peuple sahraoui. Cette position constante,
inspirée par l’attachement de ce grand pays au droit international,
et de la lutte héroïque du peuple algérien pour l’indépendance est
l'objet de la reconnaissance des participants à la conférence de
Tifariti; qui saisissent cette occasion pour adresser un message
d’amitié à l’Algérie et à son président S.E. Abdelaziz Bouteflika.
La Conférence SALUE la société civile espagnole, les forces
démocratiques et les institutions de l'Etat espagnol pour la
solidarité agissante exprimée à l'endroit du peuple sahraoui.
(SPS)
010/090/000 011112
MAR 07 SPS
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