Tifariti
(territoires libérés), 27/02/2007 (SPS) Le président de la République, Mohamed
Abdelaziz, a déclaré le Front POLISARIO, ne peut en aucune manière accepter une
approche futile connue sous le nom de « l’autonomie interne », qui est une
vaine tentative pour légitimer l’occupation marocaine, et donc le fait
colonial au Sahara Occidental".
Le président de la
République qui s'exprimait à l'occasion de la célébration du 31ème
anniversaire de la RASD à Tifariti (territoires libérés), a souligné que ce
concept, "en plus d’être en totale contradiction avec la nature du conflit et de
ne satisfaire aucune condition minimale, soit elle en terme de critères
internationaux , n’est, ni plus, ni moins qu’une manœuvre dilatoire qui viole
délibérément le droit international et porte en lui les germes de la
déstabilisation de l’ensemble de la région".
"C’est une nouvelle version de l’annexion forcée et illégale du
territoire du Sahara Occidental, le 31 octobre 1975, susceptible d’engendrer
les mêmes résultats néfastes occasionnés par la dite annexion, et dont a
souffert les deux peuples frères sahraoui et marocain, ainsi que les peuples de
la région", a-t-il martelé devant plus de 800 délégués, dont deux ministres
algériens et la vice-ministre des Affaires étrangères namibienne.
Voici le texte intégral parvenu à SPS:
« Au nom de Dieu Clément et Miséricordieux.
Combattants de l’armée de libération populaire sahraouie,
Mesdames, Messieurs,
Honorables amis et invités de notre peuple,
Alors que nous célébrons, aujourd’hui à Tifariti dans les
territoires libérés le 31ème anniversaire de la République Arabe Sahraouie
Démocratique, fruit de la résistance séculaire de tous les sahraouis et
expression de leur volonté de liberté et d’émancipation, permettez-moi de rendre
un hommage mérité à El Loueli Mustapha Sayed, qui déclencha la glorieuse
révolution et proclama, non loin de là, le 27 février 1976, la République
Sahraouie. Je tiens, par la même occasion, à saluer la mémoire de tous les
martyrs qui ont écrit avec leur sang des pages glorieuses de notre lutte pour la
liberté et l’indépendance.
Tout en nous inclinant devant la mémoire des martyrs de
l’Intifada de l’indépendance, Lemarki Hamdi et Lekhlifa Abba Cheikh que Dieu ait
leurs âmes, je tiens à rendre un vibrant hommage à un groupe constitué de braves
sahraouis qui a bravé tous les dangers et consenti des sacrifices innombrables
pour la liberté, la dignité et le droit du peuple sahraoui à
l’autodétermination et à l’indépendance.
Il s’agit de Brahim Sabar, Yahdih Terouzi, Heddi Mahmoud
Keynan, Ahmed Sbaii, Moulay Omar Ben Yazid, El Hafed Toubali, Bechri Ben Taleb,
Ghali Zaighem, Moulay Cheikh Ben Allal, Mohamed Salem Bahaha, Mohamed Mouloud El
Hajaj, Abdeslam Deida, Ahmed Salem Hmeidat, Mohamed Lehbib El Ghasmi, Abdeslam
Loumadi, Choubeida Laroussi, Benka Cheikh, Loueli Amidane, Loumadi Said,
Abdallahi Ali Salem Hassan, Brahim Ali Lehcen Kejout, Salama Mouloud Brahim
Lehmad, Driss Moulay, Faraji El Mansouri, Mohamed Souelem Mohamed El Abd Tamek,
Ijdi El Houcein, Hamdi Ahmed Vall Embarek Lebiad, Bachri Yahdih, Abdallahi Naji,
Cheibeti Ould Zedef Lemdafe, Lekouara Takiou Allah, Cheikh Oumar Ould Hamoudi
Ould El Mokhtar, Salek El Asri, Amidane Saleh, mahmoud Embarek Cheikh Abou
Khassem, Bounane Mohamed, Abdeljalil El Moujahid, Loutfi Mouloud
Ceux- ci, comme tant d’autres, consolident chaque jour
le rôle d’avant-garde de la jeunesse sahraouie dans la résistance contre le
colonialisme marocain et son système répressif institutionnel au moyen de
l’Intifada pour l’indépendance, menée de manière pacifique par nos populations
dans les territoires occupés et au sud du Maroc. Les dures épreuves et les
traitements inhumains que l’occupant marocain continue d’infliger à ce
groupe qui observe, depuis plusieurs semaines, une grève de la faim
illimitée à la prison noire d’El Aiun, capitale du Sahara Occidental occupé,
mais aussi à Ain Zegane, Tiznit, Ait Melloul et Kenitra au Maroc, n’ont pas
entamé ou affecté, pour autant, sa résistance et sa détermination, ni eu
raison de son abnégation ou de son courage.
Mesdames, Messieurs,
Ce 31ème anniversaire de la République Arabe Sahraouie
Démocratique coïncide cette année avec la tenue à Tifariti dans les territoires
libérés de la conférence internationale de solidarité avec le peuple sahraoui,
qui est un événement de la plus haute importance, la conférence des villes
jumelées avec les municipalités sahraouies qui aura à se pencher sur les
perspectives de coopération, non seulement avec les campements de réfugiés mais
aussi avec les municipalités dans les territoires libérés, et enfin l’édition «
Sahara Marathon » qui aura à diversifier et à consolider davantage la
solidarité avec le peuple sahraoui.
Au moment ou la République Arabe Sahraouie
Démocratique prend l’initiative de diminuer ses stocks de mines antipersonnel en
procédant, à Tifariti, à la seconde phase de leur destruction, conformément
aux accords signés et en application de la légalité internationale, ce qui
illustre, on ne peut clair, la voie pacifique pour la réalisation d’une paix
juste et durable dans la région, le gouvernement du Maroc refuse l’application
de ces résolution tout comme il persiste dans sa politique de violation
systématique des droits de l’homme et des libertés fondamentales au Sahara
Occidental et dans son refus d’honorer ses engagements pris devant la
Communauté internationale.
Un autre crime contre l’humanité symbolisé, celui-là
par le mur de la honte est là presque sous nos yeux. Erigé par le gouvernement
marocain, c’est un ouvrage sans précédant dans l’histoire contemporaine qui
divise, en deux parties, un territoire et son peuple. Constitués d’une barrière
de plus de 2000 km, fortifié par des milliers de soldats marocains qui le
gardent en permanence, du matériel militaire, des fosses et des millions de
mines qui y sont disséminées, ces murs de défense honnis, synonymes de
colonialisme que le monde est appelé à démanteler au plus vite, tuent et
mutilent chaque année des dizaines de personnes.
La solidarité internationale qui a commencé avec la
tragédie due à l’annexion et l’occupation de notre territoire par le Maroc
connaît, aujourd’hui des développements graves aussi bien sur plan humanitaire
et des droits de l’homme dans les territoires occupés que sur le plan
alimentaire dans les Campements de réfugiés. Ceux qui entravent la publication
du rapport du Haut Commissariat aux Nations Unies aux droits de l’homme sur le
Sahara Occidental ou oeuvrent à la réduction de l’aide alimentaire, destinée
aux réfugiés sahraouis comme moyen de pression politique visant à les
contraindre à renoncer à leur droit de vivre libres et dignes sur leur
territoire, font preuve d’une extrême lâcheté et d’une duplicité flagrante.
Mesdames, Messieurs,
31 ans ont passé aujourd’hui sur la création de la République
Arabe sahraouie Démocratique qui s’enorgueillit de ses acquis et de ses
réalisations en plus de devenir une réalité nationale, régionale et
internationale incontournable et un facteur d’équilibre et de stabilité dans la
région. La lutte et la résistance héroïques du peuple sahraoui ne sont pas
vaines, loin s’en faut car, aujourd’hui plus que par le passé, et dans le
prolongement direct de la légitimité de la cause sahraouie, la lutte se
poursuit à travers les générations nouvelles dont les actions au quotidien
reflètent l’échec du colonialisme marocain même là ou il croyait avoir mis tout
en œuvre pour consolider, pendant plus de trente ans, son emprise militaire sur
les populations sahraouies.
Le peuple sahraoui, plus que jamais uni et unanime
autour de l’avant -garde de son combat, le Front Populaire pour la Libération
de Saguiet El Hamra et Rio de Oro, demeure attaché aux principes et aux
aspirations de celui-ci aussi bien pour ceux qui se trouvent dans les
territoires occupés, dans les territoires libérés, dans les Campements de
réfugiés, au sud du Maroc, dans les universités marocaines, que ceux de la
diaspora ou dans les zones rurales.
Le peuple sahraoui puise sa force dans son unité nationale et
dans sa ferme conviction en la justesse de sa cause. Cette unité qui se
raffermit de jour en jour s’est consolidée autour du drapeau de la
République Arabe Sahraouie Démocratique qui flottera sur toute l’étendue du
territoire, et c’est là le défi et la voie qui président au combat de tout un
peuple, renforcé en cela par une foi inébranlable en ses droits légitimes et
leurs nobles idéaux, par un soutien international indéfectible, par le droit
international mais renforcé aussi par une solidarité sans faille qu’illustre la
présence parmi nous de tant de représentants des pays et gouvernements ainsi
que par le vaste mouvement de solidarité internationale.
Mesdames, Messieurs,
Il n’a pas de solution au conflit du Sahara Occidental en dehors
de la légalité internationale comme il n’ y a pas de légalité internationale
sans le respect du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à
l’indépendance qui est imprescriptible et inaliénable. Il est incontestable que
la présence du Maroc au Sahara Occidental est une violation du droit et de la
légalité internationale puisqu’il s’agit d’une occupation par la force d’un
territoire non autonome qui continue d’être sous la responsabilité de l’ONU en
attente d’un processus de décolonisation justiciable de la résolution 15/14 de
l’ONU comme l’ont confirmé avec force toutes les résolutions qui disposent en
toute clarté que le règlement du conflit du Sahara Occidental ne peut intervenir
que par l’expression de la volonté souveraine du peuple sahraoui et non à
travers un fait colonial ou autres considérations que l’occupant voudrait
imposer pour la simple raison que le Maroc n’exerce aucune souveraineté de droit
sur le Sahara Occidental qui est de la seule prérogative de son peuple unique
dépositaire de ce droit.
A partir de ces territoires, imbibés du sang de tant de nos
martyrs, et libérés au prix fort de leurs sacrifices et les souffrances des
sahraouis (es), nous disons au monde que le peuple sahraoui, sous la direction
de son représentant légitime, le Front POLISARIO, ne peut en aucune manière
accepter une approche futile connue sous le nom de « l’autonomie interne », qui
est une vaine tentative pour légitimer l’occupation marocaine, et donc le fait
colonial au Sahara Occidental.
Ce concept, en plus d’être en
totale contradiction avec la nature du conflit et de ne satisfaire aucune
condition minimale, soit elle en terme de critères internationaux , n’est, ni
plus, ni moins qu’une manœuvre dilatoire qui viole délibérément le droit
international et porte en lui les germes de la déstabilisation de l’ensemble de
la région. C’est une nouvelle version de l’annexion forcée et illégale du
territoire du Sahara Occidental, le 31 octobre 1975, susceptible d’engendrer
les mêmes résultats néfastes occasionnés par la dite annexion, et dont a
souffert les deux peuples frères sahraoui et marocain, ainsi que les peuples de
la région.
Il est temps d’appliquer la solution démocratique conforme au
droit international, aux résolutions onusiennes et aux accords signés entre les
deux parties au conflit, le Royaume du Maroc et le Front POLISARIO qui
permettent au peuple sahraoui de décider de son avenir à travers un référendum
d’autodétermination libre et régulier, sans contrainte d’aucune sorte.
Mesdames, Messieurs,
Ce qui se passe actuellement au Sahara Occidental n’est autre que
la manifestation la plus claire de la politique coloniale dans toutes ses
dimensions, car pas un jour ne passe sans que les autorités marocaines
resserrent l’étau sur la population civile sahraouie qui subit une répression
sans discernement. Les pratiques répressives à l’encontre d’une population qui
ne fait que manifester pacifiquement pour le respect des droits de l’homme au
Sahara Occidental et dans le monde ont dépassé l’entendement.
La Communauté internationale ne doit pas passer sous silence les
violations systématiques des droits de l’homme qui se déroulent dans un
territoire sous le contrôle et la responsabilité des Nations Unies. Qu’attend
encore le monde depuis que le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de
l’Homme a conclu dans son rapport que « toutes les violations des droits humains
du peuple du Sahara Occidental découlent de la non-application du droit humain
fondamental qu’est le droit à l’autodétermination » ?
Le monde, au 21ème siècle, ne peut se suffire de rester
spectateur de ce qui se passe dans les territoires occupés ou la population
civile sahraouie est soumise aux harcèlements, aux brimades au quotidien et à
l’embargo médiatico-sécuritaire imposé sur son territoire.
Nous lançons un appel à nos honorables hôtes, et à travers eux à
tous les gouvernements de la planète, afin qu’un effort urgent soit entrepris
pour sauver la vie de dizaines de prisonniers politiques sahraouis qui, en
observant depuis plusieurs semaines une grève de la faim illimitée, défendent
par la même occasion les valeurs sacrées de l’humanité entière, notamment les
valeurs de la liberté, de la démocratie et des droits de l’homme. Nous lançons
un appel, également pour que cesse la torture à l’encontre des civils sans
défense, les emprisonnements, les assassinats, la déportation à l’intérieur du
Maroc, le bradage des richesses sahraouies, les exactions commises contre toutes
les franges de la société ……
Aussi nous demandons aux Nations Unies de mettre en place un
mécanisme de prise en charge de la protection de la population sahraouie dans
les territoires sous occupation marocaine demeurant sous sa responsabilité à
travers l’élargissement des prérogatives de la MINURSO à la défense des droits
de l’homme et amener le Maroc à libérer les détenus politiques et à révéler la
vérité sur plus de 500 disparus civils et 151 prisonniers de guerre sahraouis.
Mesdames, Messieurs,
Comme l’ensemble du territoire sahraoui, cette partie du
territoire libéré qui nous est très chère, et dans laquelle nous commémorons
aujourd’hui ce 31ème anniversaire de la RASD, a connu des étapes glorieuses
dans l’histoire de notre peuple façonnées par les combattants de libération
nationale et immortalisées par les martyrs , grâce à leur courage et à leur
sacrifice. A tous ces combattants, déterminés à défendre la patrie et à
préserver ses acquis, et mobilisés plus que jamais pour faire prévaloir le
droit, la justice et la paix, nous leur rendons un fervent hommage et leur
exprimons nos sincères remerciements pour cet accueil très chaleureux.
Je saisis cette occasion pour transmettre l’expression profonde
de notre reconnaissance à l’Algérie sœur, peuple, gouvernement, partis et
société civile sous la direction de Son Excellence Monsieur Abdelaziz Bouteflika.
L’Algérie qui a donné 1,5 millions de martyrs pour son indépendance est présente
avec nous à travers cette importante délégation. Nous lui exprimons nos sincères
remerciements pour le soutien de principe, indéfectible et constant aux peuples
colonisés qui est un signe de fidélité à son histoire et un attachement au
principe d’autodétermination et de liberté.
Aussi, je tiens à exprimer nos remerciements les plus sincères à
nos amis venus d’Afrique. La République Arabe Sahraouie Démocratique , membre
fondateur de l’Union africaine ne peut qu’enregistrer avec satisfaction le rôle
prépondérant joué par les pays et peuples d’Afrique dans la défense de la cause
sahraouie, puisque convaincus plus que jamais que la libération de notre
continent demeure incomplète voire inachevée tant que le Sahara Occidental
continue d’être le dernier vestige africain de l’époque coloniale.
La présence significative du mouvement solidaire espagnol est
une bonne opportunité pour exprimer aux peuples d’Espagne les remerciements et
la gratitude du peuple sahraoui pour l’aide apportée dans la constance et la
fidélité, et qui est en totale harmonie avec les relations et liens spécifiques
que nous oeuvrons inlassablement à consolider en vue d’effacer ce point noir
dans l’histoire contemporaine de l’Espagne qu’est la signature des accords
tripartites de Madrid.
Sahraouis et espagnols réunis, nous attendons que le gouvernement
espagnol joue un rôle à la hauteur du niveau de la solidarité de ses peuples
avec la cause sahraouie, afin que les autorités espagnoles réparent leurs
erreurs et assument leur responsabilité historique, légale et morale en
contribuant au parachèvement de la décolonisation du Sahara Occidental.
La position affichée par l’actuel gouvernement espagnol, qui a
opté pour l’abstention lors d’un vote des Nations Unies sur la tenue d’un
référendum d’autodétermination du peuple sahraoui et le réarmement de l’occupant
marocain sont autant de signes qui révèlent plutôt la persistance de cette
erreur et le refus d’assumer de telles responsabilités.
Je saisis l’occasion qui m’est offerte pour exprimer, au nom de
tous les sahraouis ou qu’ils se trouvent, nos remerciements à tous les membres
de la solidarité avec le peuple sahraoui qu’ils soient en Europe, en Amérique
latine, en Australie ou aux Etats-Unis d’Amérique.
Aussi, nous tenons à rendre un hommage mérité au parti la voie
démocratique (Maroc), à toutes les organisations, à toutes les personnalités,
aux penseurs et aux intellectuels marocains dont les voix se sont élevées à
l’intérieur du Maroc pour appeler au respect de la décision souveraine du peuple
sahraoui de choisir librement son destin conformément au droit et à la légalité
internationale, et bâtir ainsi au côté du peuple frère marocain et des autres du
Maghreb arabe un espace de coopération et un ensemble stable uni, homogène et
prospère sur la base de la démocratie, la justice, la fraternité, le bon
voisinage et le respect mutuel.
Vive la République Arabe Sahraouie Démocratique". (SPS)
010/TFR/000 271325 FEV 07 SPS