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Londres, 24/02/2007 (SPS) Des parlementaires britanniques ont
exprimé leur soutien au droit du peuple sahraoui à
l'autodétermination, se demandant comment le monde libre peut-il
laisser le régime marocain continuer à outrepasser les décisions de
la légalité internationale et violer les droits de l'homme dans les
territoires sahraouis occupés.
Cette position rejoint celle exprimée par le Foreign
Office après l'audience accordée à une délégation ministérielle
marocaine. Ces déclarations sont intervenues à l'issue de la
rencontre entre le militant et ex-détenu d'opinion sahraoui, M. Ali
Salem Tamek, et un groupe de parlementaires comprenant M. Mark
Williams du parti libéral démocrate (opposition), Mme Katy Clark, M.
Des Turner et M. John Grogan du Labour (au pouvoir).
Le militant sahraoui a précisé que M. Williams a
affirmé qu'"il est aberrant que le monde libre, notamment le Royaume
Uni, laisse le régime non démocratique au Maroc continuer de passer
outre les droits fondamentaux des sahraouis, notamment leur droit à
l'autodétermination en toute liberté".
"Il est déplorable de voir le monde entrer dans le
21ème siècle alors que le peuple sahraoui ne jouit toujours pas de
liberté en raison de l'absence d'une pression internationale pour
amener le régime marocain à mettre fin à son occupation du Sahara
Occidental et à permettre au Sahraouis de se prononcer sur
l'autodétermination de leur pays", a ajouté le parlementaire
britannique.
M. Williams a affirmé qu'il continuera de soutenir le
peuple sahraoui et de défendre ses droits légitimes car, a-t-il
souligné, "soutenir le peuple sahraoui c'est soutenir les valeurs de
liberté, de démocratie et de respect des droits humains fondamentaux
auxquels nous croyons tous et qui constituent
la base de notre système politique".
"On ne peut que comprendre l'ampleur du soutien
manifesté aux Sahraouis à travers le monde car c'est un peuple qui a
toujours lutté proprement et pacifiquement loin de toute forme
d'extrémisme", a ajouté le parlementaire
britannique, précisant que ceci "a valu à l'expérience de la lutte
sahraouie
l'admiration de tous".
Mme. Katy Clark et M. Des Turner ont exprimé leurs vives
inquiétudes face aux graves violations, des droits de l'homme au
Sahara Occidental perpétrées par les autorités marocaines tout en
réitérant leur sympathie à l'égard de la revendication légitime du
peuple sahraoui de décider de son sort en toute liberté et
démocratie.
Les deux députés ont promis d'alerter les
parlementaires et l'opinion publique britanniques quant à la
nécessité d'œuvrer à la protection des défenseurs des droits de
l'homme dans la région et le respect des droits fondamentaux des
Sahraouis.
M. John Grogan a exprimé, pour sa part, sa vive
indignation devant les graves violations et les exactions perpétrées
par les autorités d'occupation marocaine dans les régions occupées
du Sahara Occidental, qui ont fait de nombreuses victimes, dont M.
Tamek et sa famille.
"Nous devons oeuvrer ensemble pour mettre fin à
l'isolement imposé à
ces régions, pour que le monde puisse se rendre compte des
violations et de la répression qui y sont commises", a-t-il
souligné.
"Je suis très admiratif devant le combat pacifique
mené par le peuple sahraoui pour défendre ses droits et nous nous
devons, en tant que démocrates et libéraux, nous solidariser avec ce
peuple, pour l'aider à atteindre son objectif et à recouvrer sa
liberté", a encore ajouté M. Grogan.
Le militant sahraoui, Ali Salem Tamek, qui se trouve
au Royaume-Uni depuis deux semaines, avait informé ses
interlocuteurs, notamment à travers des documents et des photos, des
derniers développements des droits de l'homme dans les territoires
occupés du Sahara Occidental et les graves violations commises par
les autorités d'occupation marocaines à l'encontre des citoyens
sahraouis sans défense, qui revendiquent le respect des droits de
l'homme dans la région, en premier lieu le droit du peuple sahraoui
à l'autodétermination.
M. Tamek a présenté à ses interlocuteurs son
témoignage personnel en tant qu'ex-détenu d'opinion, notamment les
sévices et les persécutions portant atteintes à la dignité de
l'homme, qu'il a endurés lui et les membres de sa famille.
Les positions des parlementaires britanniques sont
conformes à la position de la majorité parlementaire britannique qui
a déclaré son soutien au droit du peuple sahraoui à
l'autodétermination, lors du débat qui a eu lieu pour la première
fois en octobre dernier à la chambre des communes.
Cette position est également exprimée dans la
pétition signée par des dizaines de parlementaires britanniques dans
laquelle ils demandent au Gouvernement de s'opposer à l'accord de
pêche signé entre le Maroc et l'Union européenne qui englobe les
eaux territoriales sahraouies.
Le Foreign office avait publié un communiqué dans
lequel il avait exprimé
son soutien aux efforts onusiens visant à trouver une solution au
conflit au
Sahara Occidental.
Cette annonce a été faite suite à l'audience accordée
mercredi à la délégation ministérielle marocaine conduite par le
ministre de l'Intérieur M. Chakib Ben Moussa et qui comprend
notamment M. Mohamed Yacine El Mansouri, responsable des
renseignements extérieurs et Fouad Ali Al Himma, ministre délégué
auprès du ministère de l'Intérieur qui effectue une tournée dans les
pays membres permanents au Conseil de Sécurité pour faire campagne
au plan unilatéral marocain sur l'autonomie, plan rejeté par le
front Polisario.
Le Royaume Uni "partage l'inquiétude de la communauté
internationale
quant à la situation prévalant au Sahara Occidental qui nécessite
une solution"
et "poursuivra son soutien aux efforts de l'ONU pour parvenir à un
règlement politique", lit-on dans le communiqué du Foreign Office.
Contrairement à la France qui s'est montrée favorable
au projet marocain,
la Grande Bretagne s'est contentée d'affirmer que la délégation
marocaine avait présenté les grandes lignes du projet.
Une note destinée aux journalistes et jointe au
communiqué du Foreign
Office indique que le Maroc "s'est engagé à rendre public son plan
sur l'autonomie.
Mais, cela n'a pas encore été fait, c'est pourquoi et
la Grande Bretagne attend la publication de ce plan pour l'examiner
dans les détails".
Traditionnellement, le Royaume Uni vote en faveur de
la résolution de la 4ème commission de décolonisation, comme ce fut
le cas en 2006.
Le Foreign Office avait déjà exprimé son soutien à un
règlement politique "dans le cadre des Nations unies à même de
garantir le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination",
s'inscrivant ainsi dans la démarche britannique de se conformer à la
légalité internationale dans laquelle Londres voudrait jouer un rôle
de premier plan. (SPS)
020/090/700 241050 FEV 07 SPS
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