|
Alger, 13/02/2007 (SPS) L'ambassadeur sahraoui à Alger, Mohamed
Yeslem Beissat a dénoncé, lundi à Alger, le contrat d'armement
conclu récemment entre l'Espagne et le Maroc, le qualifiant d'acte
"irresponsable".
Invité de la 16e édition du Forum Fi El Ouadjiha (A la une) de la
chaîne I de la radio nationale algérienne, l'ambassadeur sahraoui a
affirmé: "nous dénonçons ce contrat qui constitue un acte
irresponsable, immoral et illégal et demandons son annulation".
Si l'Espagne "prône l'amitié et le rapprochement avec le Maroc, elle
n'a qu'à offrir aux Marocains logement et emploi et autres
commodités pour une vie digne au lieu de leur procurer des machines
de guerre et de destruction", a-t-il souligné.
"Les gouvernements espagnols successifs, a-t-il ajouté, n'ont cessé,
trente années durant, de théoriser sur la paix et une solution
durable alors qu'ils se sont attelés, en pratique, à consolider
l'occupation marocaine du Sahara Occidental".
Si le Maroc a perdu le Sahara Occidental c'est plutôt faute de
légitimité et non pas parce qu'il manquait d'armement", a précisé M.
Beissat avant de soutenir qu' "aucune partie n'est en mesure de lui
conférer cette légitimité".
D'autre part, l'ambassadeur sahraoui a salué la position des forces
de la société espagnole qui ont "déploré, a-t-il dit, cette
opération et demandé son annulation", avant de relever qu' "il est
encore temps d'amener le Gouvernement espagnol à annuler le
contrat".
Concernant le plan d'autonomie proposé par le Maroc, l'ambassadeur
sahraoui a estimé que "le Maroc ne peut imposer une solution
unilatérale", avant d'ajouter que le Conseil de sécurité "ne peut
donner ce qu'il ne possède pas". Il a également estimé peu probable
que le Conseil de sécurité accepte cette proposition.
"Le dernier mot revient aux populations des territoires sahraouis
qui doivent s'exprimer à travers un référendum libre et
démocratique", a indiqué l'ambassadeur sahraoui. Il a affirmé par
ailleurs "nous continuons à espérer qu'un jour, le Maroc regarde la
vérité en face et qu'il se réveille de son utopie", avant d'ajouter
que "toute solution s'avérera inefficace et illégale en l'absence
d'une consultation populaire pour l'autodétermination du peuple
sahraoui".
"D'un point de vue théorique, observe le responsable sahraoui, tous
les instruments juridiques pour l'organisation du référendum
existent.
Il manque la volonté politique du gouvernement marocain". A une
question sur l'éventualité de reprendre les armes pour arracher les
droits du peuple sahraoui, M. Beysset a indiqué que "le recours aux
armes est chose facile mais douloureuse", ajoutant "nous espérons
que les Sahraouis ne seront pas contraints à cette option", au
regard de ses retombées négatives sur les deux peuples.
Il a par ailleurs, "démenti" tout contact, secret ou public, entre
la partie sahraouie et le Maroc autour de l'autonomie.
"Les Marocains veulent vendre une marchandise avariée (autonomie) à
travers des campagnes médiatiques fallacieuses", a dit le
responsable sahraoui, tout en insistant "nous ne pouvons nous
rencontrer en dehors du cadre de la légalité internationale". C
oncernant la vision sahraouie sur "les tentatives marocaines visant
à modifier la carte démographique des territoires sahraouis", M.
Beissat a affirmé que ce dossier est clos, "dès lors qu'un
recensement a été établi en 2000 par le Maroc, la République
Sahraouie et l'ONU".
Au plan arabe, le responsable n'a pas manqué de critiquer les
positions de pays arabes qui, dira t-il, "adoptent une double
position à l'égard de la question sahraouie", puisqu'ils "appellent
à l'application des résolutions des Nations unis sur les différentes
questions, mais ignorent dans le même temps, les décisions
onusiennes sur le Sahara Occidental".
L'ambassadeur sahraoui a salué, par ailleurs, le soutien de
l'Algérie au peuple sahraoui, soulignant que l'Algérie "compte parmi
les premiers pays à plaider dès 1975, pour le règlement de cette
question à travers l'autodétermination du peuple sahraoui". (SPS)
010/090/700 131126 FEV 07 SPS
|