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RASD/ESPAGNE/SOLIDARITE/RETROSPECTIVE

La société civile espagnole de plus en plus mobilisée pour le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui


Madrid
, 05/12/2007 (SPS) La société civile espagnole n'a pas failli en 2006 à sa tradition d'appui indéfectible à la juste cause du peuple sahraoui et à ses droits nationaux, organisant de multiples actions de solidarité tant avec les Sahraouis vivant dans les camps de réfugiés qu'avec ceux des territoires occupés, confrontés à une recrudescence de la répression marocaine.

Le principal évènement de cette année a été la tenue, du 3 au 5 novembre, à Vitoria (capitale du Pays basque), de la 32ème conférence européenne de coordination et d'appui au peuple sahraoui (EUCOCO), la plus importante réunion de solidarité au niveau international, à laquelle ont participé plus de 600 délégués venus des cinq continents.

Dans sa déclaration finale, la conférence a salué la "résistance de la population sahraouie dans les territoires occupés du Sahara Occidental" et dénoncé les "violations massives des droits de l'homme" commises par les autorités marocaines, appelant, dans ce contexte, les Nations Unies à "publier sans attendre" le rapport de mission élaboré par le Haut Commissariat aux droits de l'homme.

L'ONU, l'UE et les différentes organisations internationales doivent "assumer leurs pleines responsabilités dans la protection efficace de la population sahraouie, contre ce qu'il convient de qualifier désormais de crime contre l'humanité", ont souligné les participants.

La conférence, qui a déclaré 2007, année internationale de solidarité avec la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et de soutien à la résistance populaire dans les territoires occupés, a appelé le gouvernement espagnol à "soutenir pleinement, clairement et activement" le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.

Elle a rappelé la responsabilité de l'Espagne dans la tragédie que vit ce peuple depuis plus de trois décennies, à travers les accords tripartites de Madrid (Espagne-Maroc-Mauritanie), du 14 novembre 1975.

Ces accords ont été fermement dénoncés par la société civile espagnole lors d'une manifestation, "Pour la décolonisation et l'indépendance du Sahara Occidental", organisée à Madrid le 11 novembre, et à laquelle ont pris part des milliers de citoyens de toutes les régions d'Espagne.

Lors de cette manifestation, le représentant du Front Polisario en Espagne, Brahim Ghali, a appelé le Gouvernement espagnol à dénoncer ces accords et à écouter la voix de la société espagnole qui lui demande d'assumer ses responsabilités dans le conflit du Sahara Occidental et à défendre la légalité internationale.

Cet appel a été également dirigé, en différentes occasions, par l'ex-ministre des Affaires étrangères, Josep Piqué, le coordinateur du parti de la Gauche unie (Gaspar Llamazares) et de nombreuses autres personnalités espagnoles.

La société espagnole a tenu, d'autre part, à rendre hommage cette année à la lutte pacifique du peuple sahraoui dans les territoires occupés, en la personne d'Aminetou Haidar, l'une des figures de proue de la résistance populaire sahraouie, qui a reçu le 5ème Prix Juan Maria Bandres pour la défense du droit d'asile et la solidarité avec les réfugiés, décerné par la Commission espagnole d'aide au réfugié (CEAR) pour son "engagement exemplaire" en faveur de la lutte de son peuple.

Par ailleurs, les violations massives et permanentes des droits de l'homme dans les territoires occupés du Sahara Occidental ont mobilisé les organisations civiles espagnoles qui ont entrepris plusieurs actions pour dénoncer ces violations et sensibiliser l'opinion publique espagnole et internationale à leur sujet.

Ainsi, des représentants de ces organisations, dont l'Association de défense des droits de l'homme en Espagne, ont déposé une plainte auprès de l'Audience nationale (plus haute instance pénale en Espagne) contre des "dirigeants et militaires marocains" pour "crimes internationaux", plus particulièrement pour "génocide, torture, disparitions forcées de personnes, séquestrations, assassinats, blessures et pour tous les actes commis depuis novembre 1975" au Sahara Occidental.

Parmi les formes de violation des droits de l'homme mises en pratique par les forces marocaines en 2006 dans les territoires occupés, celles qui ont suscité la condamnation la plus énergique ont été les pressions (torture et menaces de liquidation physique) exercées par ces forces sur les jeunes sahraouis pour les pousser à l'exil.

Cette politique, visant à porter atteinte à la résistance sahraouie à l'occupation et à vider ces territoires de leurs habitants légitimes, a provoqué de nombreux drames tels que la mort en mer dernièrement d'une cinquantaine de jeune sahraouis.

Cette politique et les autres pratiques répressives ont été vigoureusement condamnées par les organisations de défense des droits de l'homme, à l'instar de la Ligue espagnole de défense des droits de l'homme, la CEAR et l'Ong Paz Ahora (Paix Maintenant), l'une des plus actives en Espagne.

Le Conseil général des barreaux d'Espagne (CGAE) a, pour sa part, fait état, dans un rapport publié en mars, au terme d'une mission d'observation dans les territoires sahraouis occupés, de "graves violations des normes et traités internationaux" commises par les autorités marocaines dans les procès des prisonniers politiques sahraouis.

Dans ses conclusions, le CGAE a réitéré que le Sahara Occidental est un "territoire non autonome objet d'un processus de décolonisation inachevé" et qui, par conséquent, ne peut se voir appliquer le droit pénal d'un autre Etat.

Toutes ces violations ont été dénoncées par une délégation d'associations espagnoles de défense des droits de l'homme qui a participé à la IV Commission de décolonisation des Nations Unies et qui a défendu le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui.

En protestation contre ces violations, des membres de la Coordination des associations espagnoles solidaires du peuple sahraoui (CEAS-Sahara) ont observé le 29 septembre une grève de la faim de 24 heures, devant le siège du ministère des Affaires étrangères, en solidarité avec les prisonniers politiques sahraouis.

Au niveau institutionnel, le Congrès des députés (chambre basse du Parlement) et plusieurs parlements régionaux, dont ceux de Madrid, du Pays basque, des îles Baléares et de Navarre, ont adopté des motions de soutien au droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.

Un texte similaire a été approuvé par les intergroupes parlementaires espagnols "Paix et liberté pour le peuple sahraoui" qui réunissent les intergroupes des toutes les Assemblées qu'elles soient nationales ou régionales.

De nombreuses campagnes de collecte d'aide humanitaire au profit des camps de réfugiés sahraouis ont été, d'autre part, organisées tout au long de l'année et près de 9.000 enfants vivant dans les camps de réfugies sahraouis ont passé leurs vacances d'été auprès de familles d'accueil espagnoles dans le cadre du programme "Vacances en paix". (SPS)

010/090/700 051206 JAN 07 SPS

 

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