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Monsieur Kofi
Annan
Secrétaire
Général des Nations Unies,New York
Bir Lehlu 11
décembre 2006
Monsieur le
Secrétaire général,
Devant
l’évolution dangereuse de la situation dans les territoires occupés
du Sahara Occidental, aggravée encore par la répression sauvage
commise hier, 10 décembre 2006, par les autorités marocaines, je
m’adresse de nouveau à vous pour attirer votre attention et celle de
la communauté internationale sur la gravité de la situation.
En effet, de
nombreux citoyens sahraouis ont manifesté pacifiquement hier, pour
célébrer la journée internationale des droits de l’homme. Cette
manifestation a eu dans la ville d’El Aaiun, capitale du Sahara
Occidental lieu, à la Place de Dignité, face à l’hôtel Negjir.
Etaient présents
également à cette manifestation, des défenseurs des droits de
l’homme, des représentants de « l’Association sahraouis des victimes
des graves violations des droits de l’homme commises par l’Etat
marocain », des représentants du « Comité de défense du droit à
l’autodétermination », des représentants du « Comité pour soutien au
Plan de Règlement de l’ONU et de l’OUA et pour la préservation des
richesses naturelles sahraouies », des groupes de « victimes des
disparitions arbitraires ayant été détenus dans les centres
clandestins de Galaat M’gouna, d’Agdz et d’El Aaiun », les «
familles des disparus et des martyrs des centres de détention
clandestins », les « familles des victimes de l’émigration
clandestine », les « familles du « groupe des 15 disparus. »
Tout ce que
voulaient ces citoyens sahraouis c’était célébrer, à l’instar de
tous les peuples de la planète cet événement international et
manifester pacifiquement afin que les droits de l’homme et les
libertés fondamentales soient respectés au Sahara Occidental et dans
le monde. Ils ont revendiqué également le droit du peuple sahraoui à
l’autodétermination garanti par la Charte de l’ONU et par les
décisions de la communauté internationale.
Les informations
qui nous sont parvenues affirment que les autorités coloniales
marocaines ont violemment dispersé cette manifestation pacifique
vers 16h50 utilisant des méthodes moyenâgeuse. Elles ont sauvagement
battu les manifestants y compris les femmes et les enfants leur
causant de graves blessures.
Vous trouverez
ci-joint une liste provisoire de personnes détenus (annexe n°1) dont
nous citons quelques personnes :
-Brahim Dahan,
président de l’association sahraouie des victimes des graves
violations de droits de l’homme commises par l’Etat marocain, a été
injurié, insulté, frappé et traîné sur le sol, il souffre de
blessures eu niveau du dos et de la cuisse.
- El Ghalia
Gdjimi, vice-présidente de cette association, a été si violemment
frappée qu’elle en tombée a perdu conscience.
-Hmad Hammad
vice-président de l’Association de défense de l’autodétérmination, a
été sauvagement battu et demeure incapable de bouger
-Saleh Deillal,
militant des droits de l’homme, a été blessé au bras et ne peut plus
le bouger.
-Sidi Mohammed
Daddach, président de l’Association de défense de
l’autodétermination a été injurié, humilié et arrêté et détenu dans
une voiture de la police marocaine.
Pour accomplir
ces actes, les autorités marocaines ont imposé avaient étroitement
quadrillé les rues et les passages qui pouvaient laisser échapper
les manifestants.
Le même jour et
pour célébrer le même anniversaire, les citoyens sahraouis de Smara
occupée ont organisé une manifestation pacifique mais les forces
d’oppression marocaines les ont surpris à 11h22mn du matin et les
ont sauvagement réprimés. Elles les battus violemment, visant
toutes les parties du corps, et les ont injuriés, humiliés et
blessés dans leur dignité. Même les passants n’ont pas été
épargnés.
On dénombre
plusieurs blessés dont, au moins deux cas graves selon les premières
estimations.
Vous trouverez
ci-joint une liste provisoire de personnes détenus (annexe n°2).
Monsieur le
Secrétaire général,
Le mépris affiché
des autorités marocaines vis-à-vis des traités et conventions
internationales relatives au droits de l’homme, et leurs violations
flagrantes de ces droits, le jours même de leur célébration, dans un
territoire sous la responsabilité directe de l’ONU sont des actes
horribles qui appellent une réaction aussi rapide que ferme de la
part de la communauté internationale.
En même temps que
nous condamnons fermement cette répression sauvage et systématique
contre les militants des droits de l’homme et les citoyens
sahraouis, nous appelons l’ONU, responsable directe du Sahara
Occidental, à assumer intégralement cette responsabilité et prendre
des mesures urgentes telles doter la MINURSO de pouvoirs lui
permettant d’assumer cette responsabilité de façon urgente.
Monsieur le
Secrétaire Général,
Nous vous
adressons, et à travers vous à la communauté internationale, un
appel pressant pour protéger les citoyens sahraouis des territoires
occupés par le royaume du Maroc, et leur garantir la liberté
d’expression, de mouvement et de manifestation. Tous les prisonniers
politiques sahraouis doivent être libérés et le sort de plus de 500
disparus et de celui des 151 prisonniers de guerre sahraouis révélé.
Le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination à
travers un référendum libre, juste et régulier, sous l’égide de
l’ONU, doit être garanti.
Veuillez agréer,
Monsieur le Secrétaire général, l’expression de ma haute
considération
Mohamed Abdelaziz
Secrétaire
général du Front POLISARIO |