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Le Polisario met en garde contre un nouveau "Srebrenica" au Sahara Occidental

Londres, 03/12/2006 (SPS) Le Front Polisario a mis en garde la communauté internationale contre un éventuel massacre au Sahara Occidental, à l'image de celui de Srebrenica en Bosnie-Herzégovine, ont indiqué des parlementaires sahraouis ayant participé, jeudi à Johannesburg, à une journée d'études sur la "situation des droits de l'Homme dans les villes sahraouies occupées".

 

L'élargissement des prérogatives de la Minurso à la défense des droits de l'Homme au Sahara Occidental conforte les revendications formulées aussi bien par le Polisario que par des organisations de défense des Droits de l'Homme et autres réseaux de soutien au peuple sahraoui, ont déclaré à l'APS ces parlementaires qui revenaient de Johannesburg via Londres.

Ces revendications sont relatives notamment à la mise en place d'un mécanisme international de protection des Sahraouis dans les territoires occupés, ont-ils indiqué. "Compte tenu de la situation explosive au Sahara Occidental du fait de la politique odieuse de répression de l'Intifada pacifique sahraouie, tout retard dans l'élargissement des prérogatives de la Minurso nous rapproche d'un +Srebrenica bis+", a souligné l'ambassadeur sahraoui en Afrique du Sud, en allusion au massacre perpétré en 1995 par les ultranationalistes serbes contre les musulmans en Bosnie-Herzégovine.

L'ambassadeur, cité par les parlementaires, a indiqué dans son intervention que "le rapport établi en septembre dernier par le haut commissariat de l'Onu aux Droits de l'Homme présente une évaluation parfaite de la détérioration de la situation des droits de l'homme dans la partie occupée du Sahara Occidental et dénonce avec vigueur le régime colonial marocain", soulignant la nécessité de l'exécution immédiate des recommandations du rapport.

Intervenant devant une pléiade de représentants de partis politiques, d'ONG, du corps diplomatique, de chercheurs et de journalistes, le diplomate a indiqué qu'"il est scandaleux pour l'Onu de se montrer incapable d'imposer l'application de ses résolutions sur la décolonisation au Sahara Occidental et de se contenter du rôle de simple spectateur qui n'est pas en mesure d'apporter l'aide nécessaire aux civils sahraouis, victimes de massacres, de tortures et de violences à quelques mètres seulement de son siège dans la ville occupée d'El Aaiun".

Le diplomate sahraoui a également souligné que "les Sahraouis commencent vraiment à perdre patience devant le refus du Maroc de se conformer à la légalité internationale sans pour autant être inquiété". "Si cette situation devait persister, cela entraînerait la région vers des dérapages gravissimes qui menaceraient sa sécurité et sa stabilité", a-t-il dit.

"Le gouvernement sahraoui et le Front Polisario ont fait beaucoup de concessions pour favoriser la relance du processus de paix et la tenue du referendum d'autodétermination, dont la dernière a été l'acceptation du plan Baker qui signifie que les Sahraouis sont d'accord pour une période d'autonomie de 4 à 5 ans, sous la souveraineté marocaine, qui s'achèvera par un referendum durant lequel voteront, en plus des Sahraouis, une importante partie des colons marocains", a-t-il précisé.

"Le Polisario ne pourra cependant faire aucune concession concernant le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination à travers un referendum libre, démocratique et honnête", a-t-il encore affirmé.

La situation des droits de l'Homme dans la partie occupée du Sahara occidental, a indiqué le directeur exécutif de la commission sud-africaine des droits de l'Homme, M.Tseliso Thipanyane, constitue "une préoccupation majeure, compte tenu des rapports internationaux et des témoignages de militants des droits de l'Homme sahraouis qui font état des crimes commis dans l'indifférence de la communauté internationale et en présence d'une mission onusienne qui ne fait rien pour protéger les civils sahraouis".

Dans son intervention, Ali Salem Tamek, militant des droits de l'Homme, membre du Comité des défenseurs de droits de l'Homme au Sahara occidental et ancien détenu d'opinion, a souligné que l'expérience tragique que vivent aujourd'hui, les Sahraouis, toutes catégories confondues, sous l'occupation marocaine est " le résultat du système de répression totale mis en place par l'Etat marocain au Sahara occidental et qui n'est q'une reproduction de l'apartheid et de ses ignobles pratiques contre les population sud-africaine avant 1994".

Il a également évoqué "la souffrance en silence" des Sahraouis notamment celle endurée par les familles des 526 disparus civils depuis le début du conflit, et dont les autorités marocaines refusent de donner toute information sur leur sort. "En observant une longue grève de la faim, le groupe des 37 détenus politiques sahraouis réédite l'expérience des détenus de l'African National Congress (ANC) dans les geôles de l'Apartheid", a-t-il souligné dans le même contexte.

L'activiste sahraoui a enfin estimé que la Minurso "n'accorde aucun intérêt pratique pour mette fin à la répression sauvage perpétrée souvent à quelques mètres seulement de son siège", ajoutant "qu'il est grand temps pour qu'elle assume ses responsabilités morales et légales à l'égard des civils sahraouis". (SPS)

010/090/700 020944 DEC 06 SPS

 

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