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"Le Front POLISARIO demande une enquête internationale
urgente sur le rôle des autorités coloniales marocaines dans le décès de ces
jeunes et sur leur politique génocidaire visant à liquider les Sahraouis et
à vider le Sahara Occidental de ses habitants autochtones sous la terreur et
l'oppression", a écrit M. Abdelaziz dans une lettre adressée lundi à M.
Annan.
Le Président de la République a rappelé la mort "dans
des circonstances similaires" de 40 autres jeunes sahraouis en deux groupes,
en juin et octobre 2006. A cet égard, il a plaidé pour "l'élargissement
urgent du mandat de la MINURSO, afin de lui permettre de protéger et de
sécuriser les citoyens sahraouis dans les territoires occupés, de garantir
leurs droits fondamentaux et d'accélérer la mise en oeuvre du droit
inaliénable de leur peuple à l'autodétermination via un référendum libre,
juste et transparent conformément à la Charte et aux résolutions de l'ONU".
M. Abdelaziz affirme sur la base d'informations
recueillies des rescapés ou des familles des victimes ainsi que les
témoignages d'organisations humanitaires, "l'implication des autorités
d'occupation marocaines dans ces horribles drames planifiés dans le cadre
d'une politique méthodique ayant pour objectif d'en découdre avec les
citoyens sahraouis et de vider les territoires occupés du Sahara occidental
de ses habitants".
Plus précis, il notera "l'existence de bandes
organisées, financées et dirigées par les autorités coloniales marocaines
agissant à l'intérieur des territoires sahraouis et sur les côtes et qui ont
pour mission de faciliter et de pousser les jeunes sahraouis, fuyant la
pression et l'oppression des appareils de sécurité, à l'émigration
clandestine dans une traversée de l'océan atlantique aussi incertaine que
périlleuse".
Indigné par "tant de victimes sahraouies si jeunes et
si innocentes, en si peu de temps dans un territoire mis sous la
responsabilité de l'ONU, le chef de l'Etat a souligné que c'est "absolument
inacceptable".
Une raison pour laquelle il demande l'intervention
urgente de l'ONU pour "mettre un terme à cette tragédie".
Voici le texte intégral de cette lettre, dont
l'original est en arabe.
"A Monsieur Kofi Annan Secrétaire général de l'ONU New
York
Bir Lehlu 3 décembre 2006 Monsieur le Secrétaire général, Un nouveau
drame vient de secouer les territoires sahraouis sous occupation marocaine.
A l'aube du dimanche 25 novembre 2006, près de 50
citoyens sahraouis se trouvant sur trois barques, supposés se diriger vers
les îles Canaries, ont été engloutis par les flots de l'océan atlantique.
De même, au début du mois d'octobre dernier, un autre
drame s'est produit dans les mêmes circonstances et là encore 25 jeunes
sahraouis avaient péri.
A cela s'ajoute la disparition de 15 jeunes sahraouis
dont on est encore sans nouvelle, dans des conditions mystérieuses que nous
vous avons expliquées dans notre lettre en date du 25 juin 2006.
Monsieur le Secrétaire général, Les rapports et les
informations qui nous sont parvenues des rescapés ou des familles des
victimes ainsi que les témoignages d'organisations humanitaires indiquent
toutes, l'implication des autorités d'occupation marocaines dans ces
horribles drames planifiés dans le cadre d'une politique méthodique ayant
pour objectif d'en découdre avec les citoyens sahraouis et de vider les
territoires occupés du Sahara Occidental de ses habitants.
Depuis l'invasion illégale de notre pays le 31 octobre
1975, les autorités coloniales marocaines ont appliqué une politique
d'éradication basée sur le génocide, les liquidations physiques, la
déportation massive de Sahraouis à l'intérieur du Maroc, les arrestations et
les disparitions et qui ont engendré des centaines de victimes sahraouis.
Depuis le 21 mai 2005, date du déclenchement de la
résistance pacifique sahraouie, la présence des forces répressives
marocaines de police, de la gendarmerie et de l'armée s'est intensifiée. Ils
quadrillent les quartiers et les rues et étouffent le Sahraouis.
Ces autorités coloniales visent particulièrement la
jeunesse sahraouie par de larges campagnes de terreur. Certains jeunes ont
été brûlés vifs ou écrasés sciemment par des voitures de police, d'autres
ont été victimes d'enlèvements arbitraires et de tortures sauvages avant
d'être jetés et laissés pour morts dans les rues et les abords des villes.
Toute cette terreur est accompagnée par une politique basée sur
l'appauvrissement, la discrimination à l'embauche et la menace permanente.
L'objectif étant d'obliger les Sahraouis, individus ou
groupes, à choisir entre abandonner leurs convictions politiques ou bien
abandonner leur pays. Cette succession de violations gravissimes n'est en
réalité que la conséquence directe de la négation d'un droit fondamental, à
savoir le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.
Nous y avons maintes fois attiré l'attention et elle
vient d'être confirmée par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les
Droits de l'Homme après avoir visité la région en mai 2006.
Certaines informations font état de l'existence de
bandes organisées, financées et dirigées par les autorités coloniales
marocaines agissant à l'intérieur des territoires sahraouis et sur les côtes
et qui ont pour mission de faciliter et de pousser les jeunes sahraouis,
fuyant la pression et l'oppression des appareils de sécurité, à l'émigration
clandestine dans une traversée de l'océan atlantique aussi incertaine que
périlleuse.
Monsieur le Secrétaire Général, Tant de victimes
sahraouies si jeunes et si innocentes, en si peu de temps dans un territoire
mis sous la responsabilité de l'ONU, est absolument inacceptable et c'est la
raison pour laquelle nous vous appelons à intervenir urgemment afin de
mettre un terme à cette tragédie.
Le Front POLISARIO demande une enquête internationale
urgente sur le rôle des autorités coloniales marocaines dans le décès de ces
jeunes et sur leur politique génocidaire visant à liquider les Sahraouis et
à vider le Sahara Occidental de ses habitants autochtones sous la terreur et
l'oppression.
Ces politiques, contraire à la Charte et aux lois
internationales nous amènent à demander, à nouveau et de manière urgente,
l'élargissement du mandat de la Mission des Nations Unies pour le Référendum
au Sahara Occidental afin de lui permettre de protéger et de sécuriser les
citoyens sahraouis dans les territoires occupés, de garantir leurs droits
fondamentaux et d'accélérer la mise en oeuvre du droit inaliénable de leur
peuple à l'autodétermination via un référendum libre, juste et transparent
conformément à la Charte et aux résolutions de l'ONU.
Veuillez agréer, Monsieur le Secrétaire général,
l'expression de ma haute considération. Mohamed Abdelaziz Secrétaire général
du Front POLISARIO". (SPS)
010/090/100 031458 DEC 06 SPS |