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Chahid El Hafed, (camps de réfugiés), 02/03/2008 (SPS) Le président sahraouie, M. Mohamed Abdelaziz, a dénoncé samedi la politique marocaine de surarmement et le redéploiement de ses troupes militaires dans les territoires sahraouis occupés ainsi que ses "menées expansionnistes".
"La politique actuelle du Maroc de se doter en armement de tout genre (aviation, blindés, missiles divers) et de redéployer des troupes militaires dans les territoires sahraouis occupés cachent une volonté de nuire, qui rappelle ses visées expansionnistes, au détriment de ses voisins, depuis les années 1960", a affirmé M. Abdelaziz dans une conférence presse animée au siège de la présidence sahraouie.
"Cette course à l’armement est une préoccupation profonde pour le peuple sahraoui, au moment où le conflit maroco-sahraoui est entre les mains des Nations unies et où le Maroc fait face à une situation sociale et économique difficile", a dit le président sahraoui.
Dans ce sens, il a ajouté que l’on assiste à "un revirement de la politique du Maroc vis-à-vis du conflit sahraoui et à son option pour l’escalade, qui signifie une volonté d’agression contre la RASD, les Nations unies, la légalité internationale et surtout la stabilité de la région".
Le président sahraoui a souligné que "cette velléité agressive marocaine" précède la reprise des négociations directes en leur 4ème round, prévues le 16 mars prochain à Manhasset, près de New York, et dont le report de cinq jours reste "incompréhensible" pour la partie sahraouie.
A ce sujet, M. Abdelaziz a affirmé que la partie sahraouie "ignore" les motivations ayant conduit à ce report des négociations initialement fixées pour le 11 mars, ajoutant que la partie marocaine "nous a toujours surpris par des sorties de ce genre qui cache des motivations suspectes".
A propos des négociations, il a précisé que la délégation sahraouie ira à Manhasset en respectant la lettre et l’esprit des résolutions 1754 et 1783 dans l’espoir de voir aboutir un règlement du conflit à travers un référendum d’autodétermination libre du peuple sahraoui, émettant l’espoir que la délégation marocaine "se débarrasse de sa position consacrant le fait accompli au Sahara occidental et y viendra sans conditions préalables".
Le président de la RASD a lancé un appel au Maroc afin qu’il mette "fin à son agression contre un pays voisin, représentée par la RASD, et à faire la paix avec le peuple sahraoui qui est déterminé à poursuivre sa lutte pour faire valoir ses droits et ce quel qu’en soit le prix à payer", a-t-il fait savoir.
Dans ce cadre, M. Abdelaziz a déploré que "les Etats influents aient reconnu l’indépendance du Kosovo et ne le font pas pour la RASD, même si le problème du Sahara occidental est reconnu comme étant un problème décolonisation par la communauté internationale à travers de nombreuses résolutions qui remontent aux années 1960".
"Il faut que les pays influents qui n’ont pas reconnu la RASD se plient à la légalité internationale", a-t-il dit rappelant que la République sahraouie est reconnue par 82 pays à travers le monde.
Interrogé sur la possibilité de la reprise de la guerre en cas d’échec des négociations, M. Abdelaziz a rappelé que "la guerre avait déjà été imposée au peuple sahraoui en 1975 et avant, lors de la présence espagnole au Sahara occidental", précisant que les Sahraouis "ne souhaitent pas la reprise des armes".
"Nous espérons que les négociations entre les deux parties aboutissent à une solution heureuse qui évite la reprise de la guerre", a-t-il dit, ajoutant que le peuple sahraoui "tend la main au Maroc à travers les propositions adressées aux Nations unies et à ce pays, pour bâtir la paix et des relations d’amitié au service des peuples des deux pays et aussi de la région, à travers l’édification maghrébine que seul le Maroc empêche par sa politique expansionniste".
Le chef de l’Etat sahraoui, qui répondait à une question sur la situation des droits de l’homme dans les territoires occupés, a souligné que depuis l’annexion du Sahara occidental, le régime marocain "n’a cessé de pratiquer sa politique répressive contre les Sahraouis".
Dans ce cadre, il rappelé les quelque 500 Sahraouis portés disparus et les 150 prisonniers politiques, dont personne ne connaît, jusqu’à l’heure actuelle, leur sort, appelant à cet égard les Nations unies et les organisations internationales à "intervenir pour protéger les populations sahraouies soumises à une répression sauvage qui se pratique à huis clos".
Pour étayer ses dires au sujet des violations, il a cité les différents rapports des organisations internationales de défense des droits de l’homme qui font état de violations de ces droits, ainsi que le dernier rapport de la commission onusienne sur la situation dans les territoires occupés qui "n’a pas été rendu public inexplicablement jusqu’à l’heure", a-t-il déploré.
Pour le chef de l’Etat sahraoui, "la seule solution, à même de mettre fin à cet état de fait, reste la levée", par le régime de Rabat, du "blocus médiatique sur la réalité qui prévaut dans les territoires occupés et aussi leur libre accès aux organisations internationales indépendantes".
(SPS)
010/090/700 021017 mars 08 SPS
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