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Paris, 24/10/2009 (SPS) Les participants à la conférence sur la situation des droits de l’homme au Sahara occidental ont souligné samedi à Vitry-sur-Seine, en Ile de France, la gravité de la situation prévalant dans les territoires sahraouis occupés et la nécessité de pressions internationales sur le Maroc pour le contraindre à mettre fin aux violations des droits de l’homme dans cette région.
M. Alain Adoubert, maire de Vitry, dans son allocution de bienvenue, a expliqué que l’organisation de cette rencontre dans sa municipalité se veut "un combat de solidarité, de justice et de droit (et une) continuité de l’élan de solidarité avec le peuple sahraoui initié depuis 1983".
Le maire de Vitry, tout en faisant un rappel historique de la lutte sahraouie contre l’occupation marocaine, a fustigé le silence et la complicité des médias en France qui n’accordent aucune place à cette cause juste.
"La France a une responsabilité dans le drame que vit ce peuple car elle cautionne et soutient le régime marocain. Elle ne peut ignorer l’existence de la RASD reconnue par plus de 70 pays dans le monde, ni les résolutions de l’Onu exigeant l’exercice du peuple sahraoui de son droit à l’autodétermination", a-t-il indiqué, tout en soulignant la nécessité de "passer à un autre stade d’expression de la solidarité internationale avec le peuple sahraoui".
Le représentant du Comité pour le respect des libertés et des droits humains au Sahara occidental (CORELSO), Jean Paul Le Marec, a, pour sa part, abordé les problématiques de la colonisation et de la répression, soulignant l’absence de bases juridiques ou historiques prouvant la "souveraineté marocaine" sur ces territoires.
Dans ce contexte, il a rappelé l’avis consultatif de la CIJ, rendu en 1975, dans lequel elle rejette l’idée de souveraineté marocaine sur le Sahara occidental et souligne le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
Jean Paul Le Marec a estimé que l’Intifada pacifique du peuple sahraoui dans les territoires occupés, entamée en mai 2005, est "une troisième voie de lutte pacifique se situant entre l’action diplomatique et la lutte armée".
L’orateur a souligné que "ce mouvement populaire s’enracine au sein de la société et prend de l’ampleur. Il doit être relayée et amplifié par tous les moyens à travers le monde afin de briser le mur du silence et de l’indifférence", a-t-il indiqué.
Pour sa part, France Weil, avocate et membre de l’Association Droit-Solidarité, a insisté sur la recrudescence ces dernières semaines de la violence et de la répression marocaine exercée contre les militants des droits de l’homme et la population sahraouie.
"Nous avons la responsabilité de les soutenir car la situation évolue dangereusement pour eux comme le montre l’arrestation des 7 militants sahraouis et leur traduction prochaine devant un tribunal militaire au Maroc", a-t-elle indiqué.
Sa consoeur, Me Isabelle Leplantu, du Barreau de Paris, qui a assisté comme observatrice internationale au récent procès du militant sahraoui Nâama Asfari, a témoigné qu’elle a fait l’objet de menaces physiques par la police marocaine qui voulait l’empêcher, coûte que coûte, d’accéder au tribunal pour assister au procès.
"Les autorités marocaines sont de plus en plus menaçantes car elles ont peur des observateurs étrangers qui risquent de dénoncer ces procès expéditifs et les violations flagrantes des droits humains", a-t-elle expliqué.
Un représentant de l’Association de familles de prisonniers et disparus sahraouis (AFAPREDESA) a longuement intervenu pour parler du problème des disparus.
Il a noté que la pratique des enlèvements et des disparitions forcées est apparue dès le début de l’occupation marocaine dans le but de faire taire toutes les voix nationalistes, de semer la terreur parmi les populations et prendre en otage les familles des militants.
Il a également relevé que les grandes vagues d’enlèvements se sont produites au moment du déroulement des grandes offensives sahraouies comme de celle de Smara en 1976. L’orateur a avancé le chiffre de 1.500 Sahraouis portés disparus depuis 1975, citant les données de la FIDH et de 151 prisonniers de guerre croupissant encore dans les geôles marocaines.
Mme Sahli Maya, professeur du droit international et représentante du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS), a, à son tour, indiqué que l'exploitation des ressources du Sahara occidental "est convoitée par de nombreux groupes économiques régionaux qui pactisent avec l'Etat occupant", ajoutant, dans le même contexte, qu'"on ne saurait réduire l'ampleur du problème à quelques convoitises déclarées ou affichées".
Elle a également fait savoir que le droit international "consacre la règle, selon laquelle le territoire non-autonome dans toutes ses composantes et ses ressources naturelles ne peuvent être aliénées au profit d'un Etat occupant".
Pour elle, ce qui se passe dans les territoires occupés est une violation de ces principes du droit international.
Ces différentes interventions ont été ponctuées par des témoignages d’ex-disparus qui ont fait état des sévices et des tortures endurés durant leur incarcération, notamment dans les centres Dar Moulay Cherif à Casablanca et de Ouarzazet notamment.
Les débats qui ont suivi ces communications ont été marqués notamment par l’intervention d’une avocate qui a dénoncé la conception française "à deux vitesses" des droits de l’homme. "Les droits de l’homme ont une nationalité. La France les défend lorsqu’elle a un quelconque intérêt ", a-t-elle déploré.
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Indignée, Mme Sahli Maya a constaté que "les questions sahraouie et palestinienne subissent le même traitement par la France qui ferme les yeux sur les pratiques inhumaines et contraires au droit international de ses alliés objectifs".
Cette conférence a été initiée par de nombreuses associations françaises de soutien et de solidarité avec le peuple sahraoui. (SPS)
010/090/700 241813 OCT 09 SPS
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