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Kampala (Ouganda), 22/10/2009 Le Président sahraoui, Mohamed Abdelaziz, a exprimé sa préoccupation de voir le Gouvernement marocain criminaliser les visites interfamiliales entre les Sahraouis des deux côtés du mur militaires marocains qui les sépare depuis plusieurs décennies, dans une lettre qu’il a adressé jeudi à l’Envoyé personnel du SG de l’Onu au Sahara Occidental, M. Christopher Ross.
"Il est particulièrement préoccupant que la visite des camps de réfugiés sahraouis, ouverts aux personnes, aux délégations et aux organisations internationales, se transforme en crime châtié par les autorités marocaines", a écrit le Président Abdelaziz, en référence aux sept activistes sahraouis des droits humains enlevés récemment au Maroc et qui risquent d’être traduit devant un tribunal militaire marocain.
"Ceci est d’autant plus inquiétant que cette radicalisation de la répression au Sahara occidental interviennent au moment où l’ONU fourni des efforts soutenus pour renforcer les mesures de confiance et augmenter les visites familiales des deux côtés du mur militaire marocain à travers l’ouverture d’une voie terrestre entre les zones sous occupation marocaine et ces camps", a-t-il déploré dans cette lettre écrite de Kampala où le Président sahraoui participe au sommet extraordinaire de l’Union africaine sur les réfugiés, les rapatriés et les personnes déplacées internes en Afrique.
Le Chef de l’Etat mettra en garde contre "ces comportements" du Gouvernement marocain, estimant qu’ils (comportements) "ne favorisent pas les efforts de paix et menacent la réussite des négociations" entre le Gouvernement marocain et le Front Polisario.
Il a en outre requit l’intervention de M. Ross pour "la libération immédiate" des sept militants sahraouis des droits de l’homme, de faire la lumière sur "les circonstances de leur enlèvement et leur détention", et de rendre aux six autres Sahraouis, empêchés de quitter le pays, leurs documents de voyage et "leur accorder les droits de liberté et de circulation".
Le président Abdelaziz avait demandé lundi dernier à l'UE de réagir "devant de tels actes graves, injustes et intolérables" pour exiger du Maroc de "mettre un terme à une politique répressive qui ne fait pas honneur aux relations de partenariat qui les lient à l'UE".
Les sept militants sahraouis (six homme et une femme) ont été déférés jeudi devant le parquet militaire de Rabat, et conduits par la suite au complexe pénitencier de Salé (Rabat), après être restés huit jours entre les mains des différents services de sécurité et de renseignement marocains civils et militaires, sans aucun contact avec leurs familles, ni avec leur avocat.
Ils ont séjourné dans les camps de réfugiés sahraouis et dans les territoires libérés du 25 septembre au 4 octobre avant de se rendre à Alger où ils ont pris part à une rencontre lors de laquelle ils ont apporté des témoignages sur la réalité de la répression policière et du harcèlement judiciaire exercés contre eux, leurs camarades et les populations sahraouies dans les territoires occupés du Sahara Occidental. (SPS)
010/090/100 221711 OCT 09 SPS
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