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New York (ONU), 08/01/2008 (SPS) Les Sahraouis veulent aller de l'avant à Manhasset ou sera relancé, lundi, le 3ème cycle de négociations entre le Front Polisario et le Maroc, a affirmé Boukhari Ahmed, représentant du Front Polisario à l'ONU et membre de la délégation sahraouie aux négociations.
"Nous attendons de ce troisième round de négociations qu'il soit différent des précédents et qu'il s'inscrive en droite ligne de la demande du Secrétaire général de l'ONU, appuyée par le Conseil de Sécurité, appelant les deux parties à engager des "négociations substantielles" a déclaré lundi à l'APS, Boukhari Ahmed.
Pour le diplomate sahraoui, il y a trois éléments fondamentaux, à savoir la négociation comme instrument privilégié de la recherche d'une solution politique au conflit, l'objectif du processus restant l'autodétermination du peuple du Sahara Occidental et l'existence de deux propositions de paix, l'une sahraouie et l'autre marocaine, actuellement sur la table des Nations Unies
pour être prises comme base des discussions.
Ces éléments, dit-il, plaident en faveur de la recherche d'une solution au conflit du Sahara Occidental, qui doit passer inévitablement par l'organisation d'un référendum d'autodétermination du peuple sahraoui qui intègre les options d'indépendance, autonomie ou intégration, référendum qui sera organisé sous les auspices de la Communauté internationale.
"Pour nous sahraouis nous continuons à dire que la proposition marocaine de plan d'autonomie est une proposition unilatérale qui cherche à tromper la communauté internationale en tentant de consacrer le fait colonial au Sahara Occidental. Mais elle peut être un élément dans un package dans lequel le peuple sahraoui, lors d'un référendum d'autodétermination, aura la possibilité de choisir entre l'indépendance ou l'autonomie. C'est la seule vision, objective, flexible et réaliste qui peut nous sortir de l'impasse dans laquelle nous nous trouvons du fait de la politique de blocage pratiquée depuis plus de dix ans par le Maroc", explique-t-il.
Si le membre de la délégation sahraouie espère qu'à Manhasset III, le Maroc va faire preuve de plus de "souplesse et de "clairvoyance", il regrette néanmoins, analysant les dernières déclarations faites par la délégation de Rabat, "la position figée" du Maroc, qui, dit-il "bloque depuis 1991 le référendum d'autodétermination, les différents accords de paix dont ceux de Houston, le plan de règlement, le plan Baker et les différentes résolutions de la communauté
internationale, sans aucune justification".
"Le Maroc continue à adopter une politique de fuite en avant faite d'intransigeance et de tergiversation. Il est malheureusement soutenu par certaines puissances membre du Consel de Sécurité", note-t-il, citant Paris et Washington.
Interrogé sur le climat dans lequel se déroule ce troisième round, l'ambassadeur sahraoui à l'ONU a tenu à rappeler que le peuple sahraoui qui lutte pour son droit à l'autodétermination depuis plus de "trois décennies", est un peuple épris de paix", "un peuple qui a conscience des graves conséquences d'un pourrissement du conflit pour les deux peuples mais aussi pour la région".
"Si le Maroc continue sa politique de blocage, cette fois-ci les risques sont grand. Nous ne voudrions pas que le Maroc pousse le peuple sahraoui dans des situations extrêmes. Mais nous disons que si les portes de la paix sont fermées par le Maroc et que la Communauté internationale continue à rester dans l'expectative et ne réagit pas, alors nous allons retourner à la case départ, à la situation d'il y a seize ans, avec toutes les conséquences que cela suppose", plaide-t-il.
Ahmed Boukhari, soutenant que le Front Polisario est venu à Manhasset III avec la ferme volonté d'aller de l'avant, de suivre et de faire appliquer les résolutions du Conseil de Sécurité, il dira que sa délégation attend du Maroc qu'il coopère à la pleine mise en œuvre des recommandations onusiennes pour l'organisation d'un référendum d'autodétermination en mesure de donner le libre choix au peuple du Sahara Occidental de décider de son avenir, à commencer rapidement par l'application de mesures de confiance et l'entrée dans de discussions substantielles au lieu de se confiner a son seul plan d'autonomie.
"Il faut que le Maroc change sa position et que la Communauté internationale se décide
à jouer un rôle actif dans les négociations pour donner des chances réelles au processus de paix d'aboutir. Il nous faut éviter un pourrissement de la situation et un embrasement dans la région", affirme-t-il.
"Nous demandons aujourd'hui au Maroc de saisir cette occasion historique, de ne pas perdre l'opportunité de construire la paix dans notre région. Nous considérons que la région du Maghreb a besoin de paix, de stabilité, de sécurité et de progrès. On ne peut pas construire le grand Maghreb sur la base de la modification par la force des frontières ni le deni des droits des peuples", a-t-il fait remarquer en conclusion. (SPS)
020/090/700 081030 JAN 08 SPS
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