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SAHARA OCCIDENTAL/UE/ONU

Le pays guide européen qui s’occupe de la question du Sahara occidental doit être "neutre" (Francesco Bastagli)


Bruxelles, 28/01/2009 (SPS) L’ancien chef de la MINURSO, l’Italien Francesco Bastagli, a appelé mercredi à Bruxelles l’Union européenne à choisir un "pays guide neutre" pour s’occuper de la question du Sahara occidental, estimant qu’un pays scandinave pourrait jouer "un rôle plus ouvert, contrairement à la France et l’Espagne", a déclaré M. Bastagli lors d’une rencontre avec la presse internationale.

"Les pays qui s’occupe de cette question (du Sahara occidental) ici en Europe ont un intérêt. Dans le cas de l’Espagne, par exemple, qui a une responsabilité historique sur ce territoire, ce pays à des intérêts très forts, la question de l’immigration illégale, la pêche, et il y a beaucoup d’investissements économiques, en même temps, du côté de la France, il y a des intérêts géostratégiques dans la région, qui sont économiques ou en relation avec l’alliance historique avec le Maroc".

C'est pour ces raisons, selon Bastagli, que "d’autres pays européens, comme les pays scandinaves, qui n’ont aucune proximité avec le Sahara occidental, ni d’un point de vue géographique ni historique, pourraient jouer un rôle plus ouvert, permettant de créer des alternatives politiques".

Quand aux blocages qui empêchent d’aboutir a un référendum au Sahara occidental, l’ancien chef de la MINURSO l’incombe aux parties qui craignent pour leurs intérêt. "Evidemment qu’il y a des intérêts politique, économique et stratégique de la part, soit de certains pays de l’Union européenne, soit des Etats-Unis, qui n'obligent pas le Maroc à accepter la norme internationale en ce qui concerne le processus de referendum d’un peuple au sujet de son futur, après la fin de la période coloniale".

Interrogé sur les perspectives à court terme, celui qui a avait la charge de la question sahraoui à l’ONU entre août 2005 et septembre 2006, exprime un certain pessimisme, justifiant ses craintes par les blocages systématiques du Maroc à toute initiative pour mettre fin au conflit.

"Le nouveau envoyé spécial du SG du de l’ONU, l’américain Christopher Ross, va se rendre en février dans la région, et durant le mois de mars, les négociations directes vont reprendre, néanmoins, je suis un peu pessimiste quant au résultat, en raison, d’une part, que jusqu’ici les négociations n’ont pas vraiment amélioré la situation et, d’autre part, il y a le danger, qu’engendrent les négociations directes, ou les deux parties viennent un peu comme prisonniers du processus".

Selon lui, quand on fait des négociations directes, il est difficile pour une partie ou l’autre de dire je ne continue pas, par ce que, tout ce qu’on lui demande c’est de seulement s’asseoir à la même table que l’autre et de discuter.

"Les deux parties continueront à le faire, étant donné que ni pour le Polisario ni pour le Maroc, ce ne serait politiquement acceptable de dire je ne continue pas de discuter". Il est convaincu que Christopher Ross, avec lequel il s'est entretenu de ce sujet il y a trois mois, "n’accepterait que cette situation dure indéfiniment".

"Je crois que Ross, qui vient de commencer sa mission, ne permettra pas que cela continu. Il va peut-être organiser une réunion, deux ou trois, mais probablement, c’est lui qui va un jour dire que ça ne fonctionne pas", affirme t-il. (SPS)

020/090/700 281700 JAN 09 SPS

    

 

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