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(Envoyés spéciaux)
Tifariti (Territoires sahraouis libérés), 16/12/2007 (SPS) Les Sahraouis s’attendent à ce que le Maroc se dérobe au prochain round des négociations de paix, prévu du 7 au 9 janvier à New York, a déclaré dimanche Mhamed Khaddad, porte-parole du 12è congrès du Front Polisario, qui se tient depuis vendredi à Tifariti, dans les territoires sahraouis libérés.
"Je doute que le Maroc aille au troisième round des négociations, car il ne veut pas la paix et l’impasse dans laquelle il se trouve, fait qu’il tergiverse", a-t-il dit, lors d’un point de presse, avertissant que Rabat "portera la responsabilité de tout recul éventuel des efforts des Nations unies pour la paix au Sahara occidental " et que la "patience du peuple sahraoui à des limites".
Le Front Polisario et le Maroc ont tenu deux rounds de négociations sous l’égide de l’Onu, en juin et août, à Manhasset, près de New York, conformément à la résolution 1754 du Conseil de sécurité de l’Onu, adoptée en avril dernier.
L’objectif de ces négociations, selon les termes de la résolution onusienne, est de parvenir à une "solution politique au conflit du Sahara occidental, qui oppose le Maroc et le Front Polisario, qui soit acceptable par les deux parties et respecte le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui".
Mais ces deux sessions de pourparlers n’ont pas débouché sur des avancées réelles, la délégation marocaine ne voulant parler que de son "plan d’autonomie" pour le Sahara occidental, alors qu’aucun pays au monde ne reconnaît la souveraineté marocaine sur ce territoire.
Le Front Polisario "sera au rendez-vous en janvier, mais la campagne médiatique que mène le Maroc et ses lettres au secrétaire général de l’Onu à propos de la tenue du congrès du Polisario, dans une soi-disant +zone tampon+, laisse présager une absence du Maroc" à ces négociations, a ajouté M. Khaddad.
Le Maroc "avait refusé la proposition faite par M. Peter Van Walsum (envoyé personnel pour le Sahara occidental du secrétaire général de l’Onu, M. Ban Ki-Moon) de tenir le 3è round des négociations la deuxième semaine de novembre en Suisse", a-t-il rappelé.
Rabat "nous a habitué à se soustraire de ses engagements vis-à-vis de la communauté internationale, du plan de paix de 1991, des accords de Houston de 1997 et du Plan Baker de 2003", a-t-il poursuivi.
"Cela ne m’étonnerait pas que le Maroc refasse la même chose et annonce qu’il ne viendra pas au prochain round. Il en portera la pleine responsabilité et cela sera pris pleinement en considération par le congrès du Polisario", a-t-il averti.
D’autre part, M. Khaddad a relevé que la présence à Tifariti d’une base de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) "désavoue ce que prétend le Maroc et qu’il s’agit d’une zone tampon".
Tifariti "fait partie d’un territoire libéré par le Polisario, sur lequel la RASD (République arabe sahraouie démocratique) exerce sa souveraineté et son plein droit d’y tenir des congrès et des festivités", a-t-il encore dit.
Plus de 1.700 délégués participent aux travaux du 12è congrès du Front Populaire de libération de la Seguia El Hamra et Rio de Oro (Polisario), marqué par la présence de plus de 250 invités étrangers d’une trentaine de pays.
Les délégations étrangères ont adopté une déclaration commune dans laquelle elles lancent un "appel pressant à la communauté internationale, particulièrement l’Onu, pour faire aboutir le processus de paix au Sahara occidental".
La communauté internationale "doit se mobiliser pour amener le Maroc à respecter les droits inaliénables du peuple sahraoui et à mettre un terme à sa politique d’occupation illégale, de répression et d’oppression, de bradage et de pillage au Sahara occidental occupé", ajoute la déclaration. (SPS)
010/TFR/700 162014 DEC 07 SPS
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