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Bruxelles, 15/12/2008 (SPS) le président de la République, SG du Front Polisario, Mohamed Abdelaziz a appelé lundi depuis Bruxelles, le Haut Commissaire, Mme Navanethem Pillay "à prendre les mesures qui s’imposent pour venir à la rescousse d’une population civile en détresse et amener les autorités d’occupation marocaines à respecter ses droits humanitaires et la légalité internationale dans son pays spolié, le Sahara Occidental".
Dans une lettre adressée au Haut Commissaire des droits de l’Homme de l’ONU, Mme Navanethem Pillay, dont une coie est parveneue à SPS, M. Abdelaziz a réitéré sa demande à la publication, "dans les meilleurs délais", le rapport du Haut Commissariat des droits de l’homme sur le Sahara Occidental, "maintenu jusqu’ici sous embargo, et mettre en oeuvre ses recommandations et conclusions".
Le président de la République a également réclamé la désignation, "en toute urgence", une mission du Haut Commissariat des droits de l’homme "qui serait chargée, conjointement avec la Mission des Nations unies pour un referendum au Sahara Occidental (MINURSO), de veiller au respect des droits de l’homme au Sahara Occidental".
Voici le texte intégral de la lettre du président de la république, Mohamed Abdelaziz adressée au Haut Commissaire des droits de l’Homme de l’ONU, Mme Navanethem Pillay :
"Madame Navanethem Pillay
Haut Commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme
Genève
Bruxelles, le 15 décembre 2008
Madame le haut Commissaire,
Depuis le 31 octobre 1975, date de l’occupation du Sahara Occidental par le Royaume du Maroc ; occupation qui constitue une violation caractérisée du droit international, la politique de violations graves de droit de l’homme par l’Etat marocain à l’encontre des citoyens sahraouis, que ce soit au Sahara occidental au sud du Maroc ou dans les universités marocaines, n’a jamais faibli ou cesse.
Ces violations qui ont connu, au cours des derniéres années, une intensité intolérable - ce que reflètent, par ailleurs, les dizaines de rapport des organisations humanitaires et de droit de l’homme - se sont traduites dans des actes d’assassinats délibérés, des enterrements des victimes vivantes, des bombardements au phosphore et au napalm, interdites internationalement, la pratique généralisée et systématique de la torture, des enlèvements et disparitions forcés. On déplore jusqu'à ce jour la disparition de plus de 500 civils et 150 prisonniers de guerre dont on ignore totalement le sort. Au demeurant, plus de 40 détenus d’opinions sahraouis croupissent toujours, injustement, dans les geôles marocaines pour avoir défendu des positions politiques, somme toute, légitime comme des appels lancés a la communauté internationale pour hâter la colonisation du Sahara Occidental et obtenir du pouvoir marocain le respect du droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination et a l’indépendance, comme le préconise, du reste, la charte et les différentes résolutions de Nations Unies .
Madame le Haut-commissaire,
La visite effectuée par une délégation du Haut Commissariat des droits de l’homme dans les zones occupes du Sahara Occidental et dans les campements de réfugies sahraouis, en mai-juin 2006, a suscité un immense et légitime espoir parmi nous. Notre espoir a été d’autant plus grand que l’on s’attendait qu’au terme de l’élaboration et de la finalisation du rapport au mois de septembre, la situation des droits de l’homme dans les zones occupées allait s’améliorer.
Mais combien était dépite notre espoir et grande notre surprise quand, pour des raisons que nous sont restées mystérieuses, le rapport en question n’a pas été publie.
Aujourd’hui alors que le monde commémore le 60eme anniversaire de la déclaration des droits de l’homme, nous ne pouvons que vous dire notre réelle stupéfaction que le rapport soit toujours, des années après sa rédaction, gardé au secret.
Alors que le rapport tant attendu par des populations sahraouies éprouvées et porte sur la situation des droits de l’homme dans un territoire où a lieu un processus de décolonisation qui relève de la responsabilité exclusive de l’Onu, nous ne pouvons que vous avouer notre étonnement, notre profonde déception et notre incompréhension quant aux motifs non avoués de sa non publication officielle par le Haut Commissariat des droits de l’homme.
Qui oblige le Haut Commissariat des droits de l’homme à continuer de protéger, au prix d’une endurance indicible et d’une souffrance inhumaine, son bourreau ? Et pourquoi accepte-on de se rendre ainsi complice de l’Etat tyrannique et despotique marocain ? l’impunité dont jouit le pouvoir archaïque et oppresseur marocain n’est-elle pas préjudiciable aux principes et valeurs de dignité humaine et de liberté dont le Haut Commissariat des droits de l’homme est le symbole vivant ?
Madame le Haut Commissaire,
Au lieu d’espérer une amélioration de la situation des droits de l’homme dans la partie du Sahara Occidental occupée par le Maroc aprés la visite de la délégation du Haut commissariat des droits de l’homme, celle-ci n’a fait qu’empirer dangereusement. Il devient dés lors évident qu’en l’absence d’une action internationale résolue, les autorités d’occupation marocaines continuent ; dans une totale impunité, à poursuivre leur escalade.
En effet depuis, particulièrement, le 21 mai 2005, date du commencement du mouvement de protestation pacifique organisé par les populations sahraouies revendiquant l’exercice de leur droit universel à l’autodétermination conformément à la charte et aux résolutions des Nations unies, les autorités marocaines n’ont pas hésité à augmenter et à renforcer leur dispositif répressif contre les citoyens civils sahraouis.
Par ailleurs, le 1er décembre 2008, deux étudiants sahraouis, Baba Abdelaziz Khaya et Al-Hoceine Abd-Assadek Lakteif ont été froidement assassines par les autorités marocaines dans la ville d’Agadir, alors qu’ils participaient à une manifestation estudiantine pacifique
Ces deux jeunes s’ajoutent ainsi à la longue et macabre liste des sahraouis morts victimes de la répression exercée par le despotique et moyenâgeux Etat marocain.
La situation des droits de l’homme continue à se détériorer du fait de l’impunité dont jouit l’Etat oppresseur marocain au Sahara Occidental dont le peuple n’a pas pu, à ce jour, jouir de son droit a l’autodétermination et ce, à cause des obstacles et entraves mis par le pouvoir marocain devant le processus de paix supervise par les autorités onusiennes.
La protection des droits de l’homme au Sahara Occidental devient, au regard des dangers encourus quotidiennement par nos populations civiles et désarmées dans la partie du Sahara Occidental occupée par le Maroc, plus qu’une nécessité, une réelle et impérative urgence pour le Haut Commissariat des droits de l’homme. Ce qui nous incite à demander votre intervention rapide pour préserver et sauver la vie et l’intégrité de populations civiles désarmes et sans défense. Et pour cela nous comptons sur vous pour :
- Rendre public, dans les meilleurs délais, le rapport du Haut Commissariat des droits de l’homme sur le Sahara Occidental, maintenu jusqu’ici sous embargo, et mettre en oeuvre ses recommandations et conclusions.
- Désigner, en toute urgence, une mission du Haut Commissariat des droits de l’homme qui serait chargée, cojointement avec la Mission des Nations unies pour un referendum au Sahara Occidental (MINURSO), de veiller au respect des droits de l’homme au Sahara Occidental
Eu égard à la situation explosive engendrée par la répression brutale et systématique contre nos populations civiles innocentes, nous voudrions vous réitérer, madame le Haut Commissaire, notre profond et légitime espoir de vous voir prendre les mesures qui s’imposent pour venir à la rescousse d’une population civile en détresse et amener les autorités d’occupation marocaines à respecter ses droits humanitaires et la légalité internationale dans son pays spolié, le Sahara Occidental.
Je vous prie ; madame le Haut Commissaire, de bien vouloir agréer l’expression de ma très haute et sincère considération.
Mohamed Abdelaziz
Président de la République Arabe sahraouie Démocratique et secrétaire général du Front Polisario". (SPS)
020/090/100 151630 DEC 08 SPS
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