|
(Envoyés spéciaux)
Tifariti (territoires libérés), 14/12/2007 (SPS) Le Secrétariat national, la première instance élu du Polisario, a présenté son rapport moral à l’ouverture des assises du XII ème congrès du Front Polisario ouvert ce vendredi à Tifariti dans les territoires sahraouies libérés.
Voici ce document dans son intégralité :
Rapport du Secrétariat National au l12è Congrès du Front POLISARIO,
Tifariti, zones liberées du RASD, du 14 au 18 décember 2007
Au Nom de Dieu le Clément et le Miséricordieux.
Honorables hôtes de notre peuple,
Combattants de l’armée de libération populaire sahraouie,
Mesdames et Messieurs les Congressistes,
Aujourd’hui, nous tenons le XIIème Congrès du Front POLISARIO, Congrès du Martyr Massoud Embarek Lehcène, dit Elgahagah, sous le mot d’ordre ‘Lutte globale pour imposer la souveraineté et l’indépendance totale ». Nous tenons ce Congrès à T’fariti libérée, dans cette région de notre pays qui nous est si chère, qui a vu tant de sang de nos martyrs versé, mais également tant d’épopées et de victoires de l’armée de libération populaire sahraouie. Ici, nous sommes proches du territoire occupé, nos regards sont tournés vers les héros et les héroïnes de la résistance pacifique et de l’Intifada de l’indépendance et nos cœurs battent pour eux.
Tout d’abord, je voudrais souhaiter chaleureusement la bienvenue et exprimer nos plus vifs remerciements à tous ces frères et amis, qui ont supporté les fatigues du voyage, et qui sont venus, de partout, partager avec nous cet événement historique et nous livrer un message empreint d’amitié et de solidarité. Nous leur exprimons notre profonde gratitude, notre grande estime et nos plus vifs remerciements pour les nobles attitudes et les généreux efforts qu’ils ont consentis pour faire triompher notre juste cause et à travers eux, aux pays, gouvernements, partis, parlements, organisations, association et sociétés civiles qu’ils représentent. Je leur souhaite un heureux séjour parmi le peuple sahraoui, sur cette partie du territoire de la République arabe sahraouie démocratique.
Mesdames et Messieurs les congressistes,
Notre Congrès se tient dans un contexte international et régional en constante mutation, influençant le cours des événements sur le plan mondial.
Sur le plan international, les rapports mondiaux ont été influencés par la fin de la guerre froide et par une révolution dans le domaine de l’information et de la télécommunication favorisant la mondialisation politique, économique et sociale et modifiant les rapports. De nouvelles orientations et de nouveaux concepts favorisant un monde unipolaire qui, pour réaliser ses intérêts, n’hésite pas à recourir à la force militaire et à brandir le slogan de la lutte anti-terroriste et celui la propagation de la démocratie.
Cette situation a eu pour conséquence l’apparition d’autres forces qui agissent pour un monde multipolaire afin de garantir l’équilibre politique et économique internationale. Ainsi l’Union européenne a œuvré pour consolider sa place sur l’échiquier international, la Russie tente de s’affirmer progressivement et la Chine rattrape rapidement les pays les plus industrialisés. Nombreux sont ceux qui appellent à des intégrations politiques et économiques, régionales et continentales.
Mais l’image du monde d’aujourd’hui est plutôt celle d’un monde dans lequel prédominent les guerres, les conflits, les graves crises politiques, économiques et sociales, à l’image de ce qui se passe au Proche-Orient, en Iraq, en Afghanistan, au Darfour, en Somalie et dans le dossier nucléaire iranien.
Dans notre région, l’Algérie occupe une importante, vu son poids politique, économique et géographique et eu égard à l’évolution positive, la stabilité et le développement tous azimuts qu’elle vit ces dernières années et qui font d’elle un acteur majeur et un partenaire principal et stratégique dans la région d’Afrique du nord. L’Algérie maintient sa position de principe à l’égard des questions de décolonisation et s’attache à l’application de la légalité internationale et le respect du droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance.
La Mauritanie vit une étape marquée par des changements importants et des réformes dans tous les domaines, politiques, économiques et sociales sur la voie de la construction de l’Etat mauritanien moderne. Cela consolidera, sans doute, son rôle, en tant que pays voisin, dans le règlement du conflit sur la base de la légalité internationale et dans le respect des frontières héritées du colonialisme.
Notre région a vécu aussi un autre événement important, celui du retour de la Jamahiriya libyenne sur la seine internationale après des années d’embargo. Elle a pu renouer ses relations diplomatiques et économiques avec les pays et les groupes régionaux et œuvrer pour la recherche de solutions aux conflits africains.
En ce qui concerne le royaume du Maroc, ce pays continue de payer chèrement le prix de la guerre d’expansion qu’il a engagée contre le peuple sahraoui. Des millions de dollars son ainsi dépensés quotidiennement pour soutenir son occupation coloniale du Sahara Occidental. Son économie reste basée sur l’agriculture, les services, le transfert des émigrés et le tourisme. Des bases qui se sont trouvées affaiblies par la sécheresse et les changement climatiques, l’aggravation de la corruption, l’apparition des symptômes du terrorisme, la contrebande, la drogue, l’immigration clandestine, l’échec de la propagande sur le démocratie et les droit de l’homme, l’augmentation des prix des carburants et des produits de consommation de base. Tous ces éléments ont aggravé la crise et détérioré la situation sociale, économique et politique.
Le très faible taux de participation dans les dernières élections législatives, malgré l’implication personnelle du roi, de son gouvernement et des partis politiques, a montré l’impasse du régime et dévoilé le mécontentement de l’écrasante majorité des marocains.
Malgré le grand intérêt qu’accordent les grandes puissances à notre région, l’UMA ne s’est toujours pas concrétisée du fait du conflit du Sahara Occidental, retardant ainsi une intégration si importante pour les intérêts de l’Union européenne et pour ceux des Etats unis d’Amérique. Il est à remarquer que certaines puissances, malgré leurs divergences, ont agit de façon concertée et suivie pour faire triompher l’approche colonialiste marocaine comme solution du conflit du Sahara Occidental, et pour faire croire à l’opinion internationale, sans apporter la moindre preuve, que l’indépendance du Sahara Occidental nuirait à la stabilité du Maroc.
Les rapports de force dans la région ont, toutefois, imposé à ces puissances de s’ouvrir sur les autres composantes de la région malgré leur obstination à soutenir une position marocaine aussi injuste qu’intransigeante.
Le processus de paix au Sahara Occidental a connu une nouvelle évolution marquée par le revirement dans la position du gouvernement espagnole issu des élections de 2004. Ce nouveau gouvernement a adopté une politique favorable à la thèse marocaine et s’est allié avec le gouvernement français sous le mandat de Chirac et avec certains cercles influents de l’administration américaine pour faire passer le projet dénommé « autonomie interne ».
Cependant, cette situation est appelée à connaître de nouveaux changements géopolitiques liés à l’élection de Sarkozy en France et au prochains rendez-vous électoraux en Espagne et aux Etats Unies.
Mesdames et Messieurs les congressistes,
Dans ce contexte régional et international, les multiples difficultés et obstacles objectifs nous ont imposé de compléter, à de multiples reprises, notre plan d’action et d’ajouter de nouveaux programmes. Le Secrétariat national et nos différentes institutions se sont attelé, durant les quatre dernières années, à mettre en ouvre les décisions du XIème congrès du Front. Celles-ci était basées sur des priorités fondamentales décidées dans le programme d’action issue de ce même Congrès et que nous pouvons résumer ainsi :
- Elever constamment les capacités de l’armée de libération nationale sahraouie et la maintenir prête.
- Renforcer et développer les départements politiques du Front
- Encourager et encadrer la résistance pacifique dans le territoire occupé.
- Renforcer les fondements de la résistance, consolider les institutions nationales et enraciner la culture du droit.
- Gérer le conflit au niveau de l’ONU de manière à préserver et à garantir nos droits nationaux légitimes.
- Adopter un plan de communication permettant de transmettre un discours sahraoui convaincant et protéger l’Intifada.
- Intensifier l’action diplomatique pour gagner plus de soutiens et de solidarité et défendre nos droits et nos acquis nationaux.
Globalement, nous avons dû affronter durant les quatre dernières années l’une des plus dures étapes de notre combat, vu l’interventionnisme d’acteurs internationaux influents qui cherchaient à nous soumettre et à nous imposer l’abandon de nos droits nationaux. En plus de l’Intifada, qui était l’événement le plus remarquable nationalement, et des efforts visant à briser l’immobilisme du processus de paix onusien; l’on peut dire que ce qui a marqué le plus cette étape était notre résistance réussie face à cette coalition qui s’est dressée contre nous et l’absence de crises majeures malgré les pressions politiques et économiques continues.
Sur le plan de l’organisation politique, et dans le cadre de notre combat contre la propagande de l’ennemi et sa guerre psychologique qui nous prend pour cible, les Départements de l’organisation politique ont participé, à différents niveaux, à guider l’opinion nationale, à animer les diverses activités, compétitions, célébrations nationales et à organiser les rencontres politiques. Ils ont également tenu leur rôle dans la grande solidarité populaire avec l’Intifada en plus de leur implication dans le domaine de l’information, de la publication, de l’orientation et de la mobilisation.
L’importance a été accordée à la mobilisation des cadres et à la dynamisation des structures de l’organisation politique par le biais de colloques spécialisés, par l’encouragement des Départements et des responsables de cellules, par la valorisation des dossiers des cadres politiques, par la mise en place d’une politique d’inspection et de suivi et la prise de décisions favorables à cette dynamisation.
Dans le cadre du renforcement et de la diversification de la lutte, les territoires libérés sont devenus un lieu d’actions politiques et informatives. Plusieurs activités nationales, grandes et diversifiées, y ont été organisées. Ainsi y ont été célébré les anniversaires suivants : la proclamation de la RASD, le déclenchement de la lutte armée, la journée du martyr, le soulèvement de Zemla. D’autres rencontres politiques et culturelles y ont été aussi organisées comme la Conférence des cadres politiques et l’université d’été qui ont été d’un niveau politique élevé et d’un sens de la responsabilité très grand et coïncidaient avec une solidarité extraordinaire à l’égard l’Intifada de l’indépendance.
Les organisations de masse ont marqué leur présence dans toutes les activités et les initiatives menées par le secrétariat des Départements et ont été un acteur important.
Ainsi, l’U.J.S.A.R.I.O. a donné plus d’élan à l’Union des étudiants et s’est mis à la construction de centres pour la jeunesse. Il a également organisé des sessions de formation au bénéfice des jeunes et encouragé leur participation. Il a consolidé son action à l’étranger et participé à des festivals internationaux de même qu’il a promu le scoutisme. L’encadrement des étudiants à l’étranger et l’organisation de tournées auprès de ces étudiants, en collaboration avec le ministère de l’éduction nationale, ont permis à nos étudiants d’obtenir de meilleurs résultats en terme de travail et de conduite.
Pour sa part, l’U.N.F.S. a su mener des actions en matière de sensibilisation, de conscientisation, d’information, de communication et de recherche. L’Union a pu développé ses structure et étendre la présence de son organisation. Elle a ainsi achevé la construction de plusieurs centres pour femmes, organisé des sessions de formation dans différents domaines et participé dans plusieurs forums internationaux, renforçant ainsi son action extérieure.
De son côté, L’U.G.T.S.A.R.I.O. a lui aussi organisé de nombreuses activités au niveau national comme à l’international, devenant membre observateur de l’Union internationale des Syndicats. Il a soutenu la création d’autres unions professionnelles comme l’Union des journalises, l’Union des artisans et a organisé également des formations pour ses membres. L’U.G.T.S.A.R.I.O. a pu réaliser des progrès dans la gestion du dossier des anciens travailleurs sahraouis dans l’administration espagnole.
Au delà de l’organisation réussies de leurs congrès généraux qui sont souvent des étapes de réflexion, d’organisation et d’enrichissement de l’expérience démocratique nationale, les organisations populaires ont joué un rôle remarquable sur le plan national en créant une dynamique positive sans précédant, facilitée par la création d’un réseau de centres de formation et d’animation et par les nombreuses activités mises en place, comme les conférences, les ateliers de travail, les festivals, les coopératives etc. et ce dans tous les Wilayas, Daïras, et divers autres structures, guidées par la recherche des voies les plus appropriés pour orienter, former et favoriser l’emploi des femmes et des jeunes.
L’A.F.A.P.R.D.E.S.A. et l’U.J.S. ont suivi et défendu le dossier des droits de l’homme dans le territoire occupé, dévoilant la répression sauvage des forces d’occupation marocaines contre les manifestants sahraouis. Elles ont participé de façon assidue et régulière, au côté des organisations populaires, dans les sessions et les travaux de la Commission internationale et le Conseil de l’ONU pour les droits de l’homme à Genève, dans les forums sociaux mondiaux au Brésil, au Mali et au Kenya, conférant ainsi à notre cause nationale un présence remarquable dans ces forums qui constituent des lieux d’actions nouvelles et prometteuses.
Sur le plan législatif, les travaux du Conseil national sahraouis étaient constants et régulières. Le C.N.S. a tenu ses sessions, discutant et ratifiant différents programmes gouvernementaux. Ratifiant aussi une série de lois comme celle régissant la relation entre le Conseil national et le gouvernement, ou bien celles, nouvelles ou modifiées, organisant le métier des avocats, les sanctions, la procédure pénale, la procédure civile, les festivités, les mosquées, la médecine vétérinaire, les divisions territoriales, l’état civil, le mouvement des véhicules, l’organisation administrative ainsi que la ratification d’accords internationaux.
Le Conseil national a également joué un rôle dans la connaissance de la cause sahraouie à l’extérieur, à travers ses déplacements à l’étranger et ses contacts avec les parlements régionaux, nationaux et continentaux, en Europe, en Afrique, en Amérique latine. Il a aussi reçu diverses délégations parlementaires étrangères. Le Conseil a pu mettre en œuvre les programmes de ses Commissions, organiser des sessions de formation au bénéfice de ses membres et informatiser ses archives. Durant ce mandat il a été procédé à la pose de la première pierre du nouveau siège provisoire du Conseil à Tfariti et deux sessions parlementaires ont été inaugurées dans les territoires libérés.
C’est là une occasion pour nous de nous féliciter de l’interaction réussie entre l’institution exécutive et législative, de la conscience et du sens de la responsabilité qui les ont caractérisées et de souligner l’harmonie qui a prévalu dans l’action du gouvernement, ce qui nous a permis de réaliser le plus grand nombre possible d’objectifs tracés. Cela reflète bien l’esprit de conscience et la compréhension profonde des mécanismes d’actions dans le cadre d’une démocratie naissante ayant pour objectif la construction de l’Etat de droit malgré la combat total pour l’indépendance nationale.
Au niveau du Parlement panafricain, notre pays a participé à l’observation de plusieurs élections dans différents pays africains. Observations auxquelles a participé également le Conseil constitutionnel sahraoui qui a avait à vérifier la conformité de l’organisation de ces élections avec la constitution. Soulignons que ce Conseil a réalisé des études importantes portant sur notre constitution et sur le Règlement fondamental du Front. Il a aussi initié plusieurs conférences et publié des articles dans les médias nationaux à des fins de vulgarisation.
Le Conseil consultatif sahraoui a œuvré pour l’union et la cohésion de notre société et s’est efforcé à propager les valeurs d’un islam tolérant et les nobles traditions de notre peuple. Nous rendons hommage à ceux parmi ses membres qui sont décédés. Ce sont de vénérables pères qui ont accompli leur honorable mission et contribué par leurs efforts, leur sagesse et leur loyauté au combat libérateur de leur peuple et de leur patrie jusqu’au bout de leur vie.
S’agissant de la diaspora, plusieurs activités ont été initiées pour l’attacher à l’action nationale, des fêtes nationales ont été célébrées, des sit-in de solidarité avec l’Intifada ont été organisés. La diaspora a marqué sa présence sur le plan culturel et des médias et a suscité des interactions positives avec les sociétés civiles au contact desquelles elle évolue. Des rencontres entre la diaspora du nord et du sud on été organisées, l’encadrement de la diaspora en Europe s’est poursuivi, d’autres rencontres thématiques en faveur des citoyens habitant les campagnes ont été organisés afin de maintenir les liens organiques avec la cause nationale.
Mesdames et Messieurs les congressistes,
Depuis la première session du Secrétariat national, et conformément aux décisions du XIème Congrès du Front, un intérêt particulier a été accordé au territoire occupé et au sud du Maroc, pour réaliser un saut qualitatif dans l’action militante de nos populations dans ces zones. Et il n’y a pas de doute que l’intensification de la résistance pacifique à travers l’Intifada déclenchée lors du trente deuxième anniversaire de la lutte armée, le 20 mai 2005, fut l’une des plus remarquables évolutions qu’a connues notre combat libérateur dans ses différentes étapes.
Le fait que l’Intifada soit de caractère pacifique, qu’elle s’étende dans les territoires occupés, dans le sud du Maroc et dans les universités marocaines, qu’elle s’élargisse dans le temps et dans l’espace à toutes les catégories de la société, ces faits là ont conféré à l’action nationale un dynamisme nouveau et polarisé l’attention de l’opinion nationale et internationale. L’Intifada a changé la donne sur le terrain, bouleversé les calculs de l’ennemi et brisé son espoir d’avaler un jour les sahraouis, elle a prouvé au monde entier que le conflit oppose le peuple sahraoui tout entier au régime marocain, elle a formé de jeunes générations nées sous l’occupation mais devenues la colonne vertébrale de cette même Intifada à laquelle participe, de manière active, responsable et consciente, le mouvement des élèves et des étudiants dans les universités marocaines.
L’Intifada a prouvé de façon éclatante que le peuple sahraoui est unanime dans sa volonté d’être indépendant. Par le drapeau, par le tract, par le slogan, par la banderole, l’Intifada a démontré concrètement que le Front POLSARIO est le cadre organisateur, qu’il est l’unificateur, le rassembleur et le guide de la lutte de libération nationale.
Face à l’Intifada pacifique, les autorités d’occupation marocaines ont réagi par la répression sauvage, à travers une campagne de sécurité pour laquelle des moyens matériels et humains importants ont été mobilisés, y compris en appelant en renforts les soldats stationnés au long du mur de la honte.
Une gigantesque campagne psychologique et de désinformation a été menée, et le fanatisme, la violence et la barbarie étaient le maître mot de ces autorités coloniales. Dans ce contexte, il était impératif de mettre en œuvre une politique concrète pour soutenir et protéger l’Intifada.
L’Intifada a crée, par son intensité, sa continuité, et la mobilisation de ses éléments sur le plan politique, médiatique et des droit de l’homme, un climat favorable à une évolution positive et progressive qui a atténué le quadrillage médiatique et sécuritaire imposé à la région. Elle a largement ouvert le dossier des droits de l’homme, favorisant des actions dans ce sens et brisant par là même, et à tout jamais, la peur de la terreur coloniale.
D’un autre côté, citons les campagnes nationales, successives et diversifiées en direction de l’ONU et des organisations internationales et le soutien organisé, ordonné et intensif du mouvement solidaire espagnol, européen et international, qui a pris des formes diverses et variées comme la mobilisation en direction de leurs gouvernements et parlement ou bien les manifestations devant les ambassades et les consulats marocains, ou encore l’organisation de visites dans les territoires libérés malgré les tentatives des forces d’occupation de les en empêcher. Ces campagnes ont pu donner des résultats positifs et aboutir à des libérations, espacées, de dizaines de prisonniers politiques sahraouis dont les procès iniques étaient devenus le procès de l’occupant lui-même.
Très vite, les militants des droits de l’homme sahraouis ont reçu des prix internationaux des droits de l’homme ce qui constitue un honneur pour le combat courageux de la résistance sahraouie et prouve la force et l’influence de l’Intifada et des efforts qui l’accompagnent. Ces prix attestent aussi de la justesse du combat de ces activistes et de la reconnaissance de l’existence de graves violations des droits de l’homme commis par l’Etat marocain contre notre peuple. Par la suite, plusieurs autres activistes ont effectué des tournées à l’étranger, noué des contacts avec les organisations internationales des droits de l’homme, lesquelles ont ensuite publié de nombreux rapports dévoilant la vérité sur les violations des droits humains et sur les pratiques répressive de l’Etat marocain.
L’une des résultats les plus remarquables qui a eu, et aura encore un impact positif dans ce domaine, est celui concernant le rapport de la délégation du Haut commissariat de l’ONU pour les droits de l’homme, de septembre 2006, qui a révélé les violations des droits humains commises par l’Etat marocain et qui a recommandé la création d’une instance de surveillance des droits de l’homme au Sahara Occidental. Ce rapport appelle à l’application du droit à l’autodétermination et aboutit au fait que toutes les violations commises sont la conséquence de l’inapplication de ce droit. Les rapports de l’ancien secrétaire général de l’ONU et ceux de son successeur ont consacré des paragraphes importants à ce dossier. Ils ont dévoilé aussi l’ampleur de ces violations confirmant ainsi ce que la partie sahraouie n’a cessé de dire à travers ses lettres, ses rapports, ses déclarations, ses témoignages sur ce dossier.
De son côté, le juge espagnol Balthazar Garzon a décidé d’ouvrir une enquête sur les responsables marocains, coupables de génocide et de graves violations des droits de l’homme au Sahara Occidental ce qui constitue une étape importante dans le combat contre les pratiques répressives marocaines et pour la protection de l’Intifada.
Tous ces éléments ont dévoilé le vrai visage d’un régime marocain colonialiste et expansionniste, fondé sur la terreur et la répression. Ses prétentions, et ses mensonges servis à la communauté internationale et au peuple marocain frère durant trois décennies ont ainsi été mis à nu.
Cette vérité dévoilée a été, encore une fois, consacrée après la mise en œuvre du programme de visites entre les familles sahraouies, séparées par le mur de la honte marocain, dans le cadre des mesures de confiance mises en place en 2004 par le HCR.
En effet, malgré un vaste plan de désinformation ourdi par les autorités marocaines, appliqué avant et pendant l’exécution de ce programme de visites inter familles et ayant pour base une fable sans fondement baptisée « les séquestrés » et inventée de toute pièce pour qualifier les réfugiés sahraouis, le programme d’échange put avoir lieu et mit, ainsi au fiasco les plans et illusions des autorités marocaines.
Ces visites familiales se sont transformées en un moment de rencontre, de contacts positifs de solidarité et de fusion entre les différentes composantes de l’entité sahraouie. L’occupation marocaine de leur pays a été clairement rejetée, l’esprit de résistance renforcé et la confiance dans la victoire et l’indépendance raffermie. Ces visites ont également ouvert les yeux à nos frères marocains pour constater les mensonges des autorités de leur pays. J’en veux pour preuve l’évolution importante dans le traitement médiatique et politique de notre cause par certains médias à l’intérieur du Maroc qui commencent à dire certaines vérités à leurs lecteurs marocains. Certaines parties commencent à afficher clairement leur position en faveur du droit de notre peuple à l’autodétermination à l’instar du parti de la Voie démocratique, de l’AMDH et d’autres personnalités politiques.
En ce qui le mur de la honte marocain, qui continue d’être érigé en ce XXIème siècle et qui constitue un crime contre l’humanité, la campagne nationale et internationale, qui a vu une forte participation étrangère, s’est poursuivie de façon régulière par le biais de manifestations face à ce même mur. De la même manière, d’autres activités dénonciatrices ont été organisées ainsi que des rencontres, des conférences et une couverture médiatique à l’intérieur comme à l’extérieur.
Grâce à tous ces efforts, le mur marocain, outil colonial dont les inventeurs prétendent qu’il est érigé pour protéger et sécuriser l’armée marocaine, est devenu un lourd poids qu’ils portent et une véritable honte car qu’il impose la séparation aux familles sahraouies et est entouré par des millions de mines antipersonnelles, internationalement interdites.
Pour sa part, et s’agissant de ces mines antipersonnelles, la partie sahraouie a détruit de larges parts de ses stocks et a signé l’Appel de Genève, traité international interdisant ce type de mines. La partie sahraouie entend par là contribuer à instaurer une paix juste, éradiquer ce crime et permettre aux familles sahraouies de pouvoir enfin emprunter la route pour se rencontrer. Nous voulons instaurer un climat de sérénité et de sécurité au bénéfice des citoyens sahraouis. Des deux côtés de ce mur, de nombreux sahraouis sont tombés victimes et certains ont même perdu la vie.
Nous rappelons aussi et nous condamnons le crime abominable commis par le gouvernement marocain en octobre 2005 à l’endroit de dizaines de migrants clandestins africains et asiatiques. Expulsés à travers ce mur de la honte sous la menace de mort, livrés à la faim, à la soif et à une mort certaine. Un certain nombre parmi eux a trouvé la mort mais le drame d’une mort collective a été évité grâce à l’intervention des unités de l’armée de libération sahraouie.
S’agissant des prisonniers de guerre marocains, capturés alors qu’ils menaient une guerre d’agression contre le peuple sahraoui, l’initiative sahraouie de libérer les 404 derniers parmi les milliers déjà libérés, a été favorablement accueilli par la communauté internationale et a eu des échos positifs.
Cette initiative est d’abord un geste humanitaire noble et conforme aux principes humanistes de la révolution sahraouie qui ne renie pas les liens de voisinage et de fraternité avec le peuple marocain frère. C’est aussi l’expression d’une bonne volonté et d’une intention sincère de la part de la partie sahraouie dans le but de parvenir à une solution juste du conflit.
Mesdames et Messieurs les congressistes,
Dans le domaine de la défense nationale, l’intérêt porté à l’état général de l’armée s’est poursuivi et des visites sur place ont été établies, les programmes d’inspection ont été effectués. Les efforts visant l’élévation du niveau de l’armée ont été continus notamment à travers l’exécution de projets tactiques et par de nombreux programmes d’entraînement et de formation destinés à tous les niveaux. La cadence des recrutements a augmenté au long de cette période ce qui a permis l’alimentation régulière des régions militaires par des effectifs jeunes. Les rémunérations ont été régulières et revalorisées à hauteur de 75 %. Les Directions et écoles militaires ont été dotées d’un budget de gestion. Le déficit en cadres a été comblé. Des efforts ont été faits en direction des familles des martyrs, des blessés de guerre et des personnes âgées issues des rangs de l’armée.
Renforcer les capacités de l’armée est resté un objectif constant, inscrit à toutes les sessions du Secrétariat national et de nombreuses étapes ont été franchies dans ce sens. Ainsi, les Régions ont été dotées d’engins militaires. Des ateliers et des dépôts ont été construits à l’arrière, des installations et des centres militaires ont été bâtis dans les territoires libérés, la maintenance du matériel militaire a été assurée et un musée de l’armée construit. Les Régions militaires ont pu également bénéficier des services des missions médicales et des programmes de vacances estivales, de même qu’un niveau acceptable de soin et de nourriture leur a été assuré.
L’armée de libération nationale sahraouie a contribué remarquablement à l’éclat donné au territoire libéré tout au long des quatre dernières années. En plus du Concours militaire du Chahid El Oueli qu’il organise, l’ALPS a accueilli, avec succès, différentes célébrations nationales et a poursuivi le nettoyage du territoire d’engins explosifs. Il a également participé à différentes activités et programmes militaires et sécuritaires mis en place par l’Union Africaine.
Mesdames et Messieurs les congressistes,
S’agissant de l’ONU et de l’action extérieure, nous rappelons l’orientation générale fixée par le XIème Congrès qui appelle à une gestion du conflit qui préserve nos droits nationaux et permette de dépasser le statut quo qui consacre l’immobilisme.
C’est dans ce cadre précis, que la partie sahraouie a accepté le Plan Baker, dit “Plan de paix pour l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental”, nous avons ainsi poursuivi notre collaboration avec l’ONU suivant une politique qui vise à créer une dynamique devant aboutir à dévoiler les vrais intentions de l’ennemi et amener la communauté internationale à faire bouger le dossier et à agir plus sérieusement.
Cependant, le gouvernement marocain a déclaré, officiellement, en avril 2004 qu’il refusait le principe du référendum d’autodétermination et n’acceptait plus que l’autonomie interne dans le cadre de la souveraineté marocaine. Cette position constitue en effet un revirement dangereux dans l’évolution du conflit.
Le gouvernement marocain s’est ainsi soustrait à ses engagements internationaux, et a renié les accords et engagements qu’il a signés avec la partie sahraouie sous l’égide de l’ONU. Cette évolution nous a alors conduit à réagir de façon appropriée, en tenant compte des orientations fixées par le Congrès et des rapports de force qui existent sur le plan international.
Parmi nos actions, et afin de dénoncer cet entêtement marocain, nous avons intensifié notre action diplomatique, nous avons accentué nos contacts avec le Secrétaire général de l’ONU, avec les membres du Conseil de sécurité et avec les membres de l’Assemblée générale de l’ONU. Nous avons également mis au devant de la scène la nouvelle donne prévalant dans le territoire occupé et avons consolidé la résistance pacifique qui s’y déclenchait.
La démission de James Baker III, Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU était un autre échec dans les efforts onusiens mais elle a dévoilé l’implication de certains acteurs internationaux influents dans l’obstruction du Plan de Paix de cet Envoyé personnel qui a fini par déclarer en juillet 2004 que “chaque fois que l’ONU s’approchait du référendum, le gouvernement marocain inventait un nouvel obstacle”, le Maroc considérait que ce Plan qui prévoyait le droit à l’autodétermination des sahraouis à travers un référendum libre et régulier conduirait forcément à l’indépendance. Dans le même ordre d’idées, le diplomate et ancien secrétaire américain à l’ONU, John Bolton, a expliqué dans son livre, publié en novembre 2007 que « la bureaucratie du Département d’Etat à l’extérieur, soutenu par le Conseil national de sécurité américain ont empêché l’organisation du référendum d’autodétermination au motif qu’il déstabiliserait le trône marocain ».
Un autre fait, non moins grave, s’est dressé contre nous : des puissances occidentales initiait des campagnes actives en faveur de la position marocaine. A commencer par des agissements au niveau international pour gagner l’adhésion de certains pays à la nouvelle position marocaine, en passant par des pressions et des promesses en direction des amis de la cause y compris en direction de l’Algérie, et même oser des pressions directes sur la partie sahraouie en la menaçant de faire passer, de toute façon, la proposition marocaine, ou alors en réduisant l’aide humanitaire aux réfugiés sahraouis ou encore en dissimulant les graves violations des droits de l’homme dans le territoire occupé, à tel point que le rapport du Haut commissariat de l’ONU pour les droits de l’homme est encore gardé secret et même le Conseil de sécurité a été empêché de discuter de ces violations et ce ne fut pas la fin, car bien d’autres pressions ont été exercées comme ces démarches incessantes auprès des Etats reconnaissant la RASD pour qu’ils gèlent leurs reconnaissances ou bien cette campagne effrénée visant à coller au Front POLISARIO l’étiquette du terrorisme.
Il est parfaitement clair que le gouvernement marocain est décidé de parvenir à son objectif premier qui est de contourner le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance et faire sortir la résistance sahraouie de son cadre juridique et historique en tentant de la transformer en un problème interne et, au mieux, en un problème avec l’Algérie. En ce qui nous concerne, nous exprimons notre considération et notre fierté à l’égard de la position de l’Algérie sœur qui a rejeté tous les amalgames et toutes les manœuvres tendant à déformer la nature du conflit du Sahara Occidental et a récusé les tentatives répétées visant à l’impliquer en tant que partie du conflit.
Ainsi certaines puissances occidentales auraient bien voulu la voir endosser ce statut de partie impliquée et engager, sur cette base, des négociations avec le royaume du Maroc, ou bien faire partie d’un quartet comprenant le Maroc, la France et l’Espagne.
L’Algérie s’est constamment attachée au principe de la décolonisation du Sahara Occidental par l’exercice du peuple sahraoui de son droit inaliénable à l’autodétermination et s’en tenu au cadre fixé par l’ONU, qui précise de façon claire que les deux parties du conflit sont bel et bien le Front POLISARIO, représentant unique et légitime du peuple sahraoui, et le royaume du Maroc, il précise aussi que tout négociation devait être entre ces deux parties reconnues.
Après avoir hésité un temps, le gouvernement marocain a entrepris, avec des incitations étrangères, une campagne de promotion de ce qu’il dénomme projet d’autonomie interne qui a, immédiatement, trouvé le soutien officiel français, espagnol et américain, prélude d’un nouveau plan qui consiste à imposer l’approche marocaine et faire d’elle la seule option présente sur la table du Conseil de sécurité et donc l’unique base pour le règlement du conflit.
Pour contrecarrer cette manœuvre, la partie sahraouie a présenté sa propre proposition de solution du conflit, en avril 2007, avant même le projet officiel marocain. Cette proposition sahraouie a crée une évolution nouvelle au niveau de l’ONU parce qu’elle est objective, équilibrée et s’attache à une solution juste, basée sur le respect de la volonté du peuple sahraoui, et tient compte des préoccupations de la force occupante. Les résultats sont positifs, le cadre naturel dans lequel le conflit doit être résolu a été préservé et la route a été barrée devant la solution colonialiste marocaine.
Par ailleurs, les efforts déployés au niveau du Conseil de sécurité, à la quatrième Commission de décolonisation et à l’Assemblée générale de l’ONU, avec la coopération de nos amis, ont conduit la majorité des membres du Conseil à s’en tenir à la légalité internationale. Cette nouvelle bataille a eu pour résultat l’adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 1754, consolidé par la dernière résolution, la 1783 qui demande « des négociations directes entre les deux parties du conflit pour parvenir à une solution garantissant le droit à l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental ».
Négocier sur cette base a permis, en effet, de contrecarrer cette nouvelle offensive et a ouvert, de surcroît, la voie à une couverture médiatique sans précédent permettant une remarquable présence internationale de notre cause et donnant de nouvelles possibilités à notre action diplomatique. Une telle situation a eu des effets positifs sur l’ensemble des composantes de notre peuple quel qu’il soit l’endroit où elles se trouvent.
Il est tout à fait clair que les deux précédents rounds de négociations n’ont pas servi les intérêts du gouvernement marocain qui espérait faire passer son nouveau projet. Bien plus, ces négociations ont brisé la thèse qui tend à faire du conflit, un conflit entre l’Algérie et le Maroc et ont prouvé au monde que le cadre de la solution est onusien et que les deux parties sont le royaume du Maroc et le Front POLISARIO, représentant unique et légitime du peuple sahraoui. Tout cela a poussé le gouvernement marocain, dans un premier temps, à obstruer les négociations par l’entêtement et par la provocation patente, puis à tergiverser sur la date des rounds suivants, ensuite, et de façon inattendue, il a décidé de ne pas appliquer les mesures de confiance qu’il avait acceptés auparavant et, en partie, exécutés.
Dans la foulée, il a refusé la rencontre culturelle devant réunir les sahraouis des deux côtés du mur, entre le 12 et le 16 novembre 2007 à Madères, au Portugal.
Par ailleurs, le manque d’enthousiasme qui apparaît déjà à l’intérieur comme à l’extérieur du Maroc prouve que le projet dénommé « autonomie interne » est un projet mort-né. Il est en totale contradiction avec la légalité internationale et ne peut pas constituer la base des négociations. Son échec est dû au fait qu’il est une manœuvre coloniale avérée ayant pour objectif de transformer le conflit en un conflit inter sahraoui, ce que rejettent les sahraouis en bloc et en détail.
Mesdames et Messieurs les congressistes,
La recherche d’une solution dans le cadre du processus de paix a été accompagnée d’une action diplomatique continue destinée à préserver nos acquis et consolider la position de l’Etat sahraoui, à faire connaître l’Intifada de l’indépendance et dévoiler la nature répressive du régime marocain qui transgresse les conventions internationales relatives aux droits de l’homme.
Au niveau de l’Union africaine, notre pays a participé à tous les sommets, rencontres et rassemblements de l’Union et s’est acquitté de sa participation financière annuelle. Nous avons poursuivi les contacts avec les pays membres et coordonné avec les pays amis pour contrecarrer les manœuvres marocaines et ses tentatives, soutenues par la France, visant à geler notre statut de pays membre de l’Union. Cela fut un dur combat et un rapport de force permanent, et le sommet de Banjul de 2006 n’en fut certainement pas le dernier terrain d’affrontement.
Notre action s’est également poursuivie au niveau des autres institutions de l’Union comme au sein du Parlement panafricain qui a adopté de nombreuses résolutions en faveur de notre cause.
La reconnaissance de la RASD par l’Afrique du sud le 15 septembre 2004, constitue une étape remarquable dans notre combat à l’extérieur. Nous sommes reconnaissants à l’égard de ce pays ami qui a hissé nos liens communs, nos contacts et nos visites réciproques à leur plus haut niveau. Il a renforcé sa coopération, apporté de l’aide et du soutien et défendu avec force la légalité internationale et le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination au sein du Conseil de sécurité.
Les conséquences de cette reconnaissance et de la lettre de son Excellence, le Président Thabo M’beki au roi du Maroc, ont été très positives sur le plan international. Cet important événement a renforcé notre cause et soutenu notre combat face à la campagne marocaine, française et espagnole ayant pour objectif le gel des reconnaissances de l’Etat sahraoui, il a, de fait, encouragé d’autre pays à nous reconnaître ou à reprendre les relations avec notre pays. Nous avons ainsi pu inauguré des ambassades et nommer de nouveaux ambassadeurs dans plusieurs pays africains et établi de nouveaux contacts. Dans ce texte, une délégation sahraouie est allée participer au congrès du Parti socialiste sénégalais, tenu en octobre 2007 à Dakar.
En ce qui concerne l’Europe, des activités remarquables ont été menées pour maintenir le soutien à notre cause, protéger l’Intifada et les droit de l’homme et préserver les richesses de notre pays. A cet égard, nous notons les positions des pays nordiques opposées à l’accord de pêche entre l’union européenne et le Maroc.
De même, les résolutions du Parlement européen ont été favorables au droit à l’autodétermination, aux droits de l’homme dans le territoire occupé, et à l’aide humanitaire aux réfugiés sahraouis.
Globalement, la position de l’Europe s’est améliorée, il en témoigne le vote au niveau de la 4ème Commission de décolonisation, à l’Assemblée générale et même au Conseil de sécurité. En effet, de nombreux pays européens n’ont pas suivi les positions française et espagnole que l’on présentait comme une position européenne commune au sujet du Sahara occidental. Cela a permis des positions avancées comme celle du Parlement italien qui adopté une résolution demandant au gouvernement italien d’octroyer le statut diplomatique à la Représentation du Front à Rome ou bien le renforcement de la solidarité des peuples espagnols envers la cause sahraouie et leur influence grandissante dans la vie politique espagnole.
En Amérique latine et dans les Caraïbes, des efforts exceptionnels ont été déployés. En direction de ces pays, nous avons intensifié les visites des délégations représentant la Présidence, le Conseil national et le ministère des affaires étrangères. L’ennemi et ses alliés considèrent prend cette région pour cible au même titre que l’organisation des pays non alignés et l’International socialiste qui nous gardent encore, et malgré tout, une position favorable. Dans cette région l’Etat sahraoui a encore gagné de nouvelles reconnaissances et rétabli ses relations avec d’autres pays, comme avec l’Uruguay, Haïti, Nicaragua et l’Equateur.
L’annonce par le gouvernement sahraoui de contrats d’exploitation future dans le domaine du pétrole et du gaz avec des sociétés étrangères a constitué un nouveau front et a mis en évidence l’intérêt des sociétés participantes qui misent sur l’indépendance de l’Etat sahraoui en se basant sur la légitimité de la lutte du peuple sahraoui et sur la justesse de sa cause.
La Coordination européenne de solidarité avec le peuple sahraoui qui est devenue largement internationale et le groupe interparlementaire européen « Paix pour le peuple sahraoui », ont accompagné notre combat national dans différentes étapes et domaines. Ils ont efficacement participé dans les campagnes qui ont mené au retrait de plusieurs compagnies signataires d’accords de pillages de nos richesses avec le gouvernement marocain. Ils nous ont également aidés à faire face à la réduction de l’aide humanitaire opérés par les organisations spécialisée et à dépasser les séquelles des inondations.
Les dernières années ont été caractérisées par la participation active des membres du mouvement solidaire dans la défense de notre cause au niveau de la quatrième commission de décolonisation de l’ONU. Leur réseau solidaire s’est également étendu à d’autres pays tels le Brésil, le Chili, l’Uruguay, le Paraguay où notamment des associations de solidarité ont été crées. En Algérie, des comités de soutien ont été créés dans tous les Wilaya du pays et un Comité de coordination a été mis en place sur le plan arabe. Une associiation de solidarité a été crée a niveu du Monde arabe.
Dans les camps de réfugiés et les territoires libérés, plus de 40 000 visiteurs étrangers ont été accueillis, dont des chefs d’Etat, des ministres, des chefs de gouvernement autonomes, des présidents de Parlements régionaux, des chefs de partis politiques etc.
Nous avons aussi accueilli des délégations de coopération, des missions médicales, des organisations spécialisées, des représentants de médias, des familles, les participants aux différentes manifestations culturelles et célébrations nationales etc. A tous ceux-là nous avons assuré les meilleures conditions d’accueil.
En ce qui concerne les affaires étrangères, nous avons poursuivi le rythme des conférences, et réunions annuelles d’évaluation et de suivi, nous avons incorporé à ce secteur des experts ainsi que des éléments jeunes et nous avons tenu les Ambassades et les Représentations régulièrement informées.
Mesdames et Messieurs les congressistes,
Sur le plan administratif, nous avons étendu nos structures, conformément aux décisions du Congrès, répondant ainsi à l’évolution de notre société et poursuivant l’édification institutionnelle de l’Etat sahraoui. Dans ce cadre, nous avons crée le Conseil constitutionnel, le secrétariat d’Etat chargé de la fonction publique et de l’emploi, le secrétariat d’Etat à la jeunesse et au sport, le secrétariat d’Etat pour la protection sociale et la promotion de la femme, le ministère du commerce, le Conseil de l’Ifta. Le Journal Officiel a été amélioré, des mécanismes de coordination intergouvernementaux ont été mis en place permettant un meilleur contrôle des actions du gouvernement. Des efforts notables ont été fournis pour rapprocher l’administration du citoyen, ainsi des lois, des décrets et des règlements dans différents domaines ont été émis, le guide de l’administration a été révisé et plusieurs conférences et rencontres spécialisées ont été organisées.
Des efforts ont été entrepris dans le domaine de l’informatisation, les services de sécurités ont été renforcés et restructurés et les cellules de sécurités ont été redynamisées. Une structure de contrôle de l’administration a été crée. La direction des recensements et celle de la Poste et télécommunication ont requis également notre attention. Le dossier des ressources humaines a été réorganisé et les rétributions généralisées à l’ensemble des travailleurs du secteur civil, dans les limites des moyens disponibles.
Dans le domaine social et économique, nous avons garanti l’enseignement et l’inscription des enfants en âge d’être scolarisés. Au niveau des wilayas, des progrès ont été accomplis au niveau de l’enseignement au collège, de la formation pédagogique, et des infrastructures éducatives. Un soutien accru a été accordé aux enseignants pour améliorer leur travail. Une attention particulière a été accordée à l’organisation du Certificat des études primaires sur le plan national, et à la Classe Préparatoire dans les écoles maternelles dont le programme officiel a été édité. Des centaines de jeunes ont été diplômés des universités et des instituts de formation dans diverses spécialités. Les sections estudiantines ont été mieux organisé et orientés et ont remarquablement participé aux programmes des vacances estivales. Elles ont contribué à la bonne réussite au Baccalauréat et aux bonnes résultats et conduites scolaires observés ces dernières années chez nos étudiants dans les pays frères et amis.
Dans le domaine de la santé, nous avons œuvré à la protection de notre importante expérience dans ce domaine et avons préservé les acquis réalisés. Nous avons renforcé les structures et les dispensaires relevant du secteur. Nous avons aussi accorder de l’intérêt à la formation et à la promotion et adopté une politique globale basée sur la santé préventive et fondée sur les résultats des recherches et études scientifiques réalisés. De ce fait, aucune maladie épidémique n’a été enregistrée. En même temps nous avons lancé un programme national pour la santé de l’enfant et de la mère et organisé des journées d’études pour informer et conscientiser. La protection sanitaire a été renforcée et un mécanisme de recensement et de suivi des maladies chroniques a été mis en place. Le rôle des missions médicales étrangères a été positif pour la santé des citoyens, la production pharmaceutique a été améliorée en quantité et en qualité et le niveau de la médecine vétérinaire a progressé. Par ailleurs, les campagnes volontaires et les semaines de la santé ont joué un rôle appréciable dans le domaine de la propreté et de la protection de l’environnement.
Dans le domaine de la justice et des affaires religieuses, des mosquées ont été construites et encadrées. Des efforts ont été fournis en vue d’harmoniser le jugement et trouver un cadre organisant les écoles coraniques. L’orientation religieuse et juridique s’est poursuivie. Le fonctionnement des tribunaux a atteint un niveau appréciable et l’arsenal juridique a été enrichi. Nous avons œuvré à l’amélioration du niveau des membres de ce secteur et de ses structures, nous avons poursuivi la formation des juges et des avocats et crée un bureau d’études et de recherches juridiques.
En ce qui concerne la protection sociale et la promotion de la femme, nous avons établi des critères et mis en place des programmes pour les personnes ayant des difficultés particulières. Nous avons aussi développé des initiatives dans le domaine de la formation, de la recherche et de l’orientation au bénéfice des femmes et construit des structures dans ce domaine.
Dans le domaine de la jeunesse et du sport, les programmes des vacances scolaires à l’étranger se sont poursuivis normalement au bénéfices de dizaines de milliers d’enfants qui pu accéder aux soins, aux loisirs et en même diffuser notre cause nationale. Des efforts importants ont été fournis en matière d’emploi et d’orientation des jeunes. Le sport national a été encouragé et le Marathon international de solidarité avec notre cause a été, chaque année, organisé avec succès.
Malgré la réduction de l’aide humanitaire par les agences de l’ONU, notamment de la part du PAM et du HCR, à hauteur de 45%, l’effort national et la solidarité internationale ont permis de limiter les conséquences négatives d’une telle réduction et d’éviter la paralysie des secteurs vitaux. Une complémentarité entre les différents secteurs de l’économie, des services et de production a été privilégiée afin de garantir la sécurité alimentaire, maintenir les services vitaux et atténuer les séquelles de la sécheresse dans nos campagnes.
Dans le domaine de la production, plusieurs projets ont été financés, et des compétences qualifiées ont été employées, des jardins privés ont été également lancés. Nous avons aussi initié une grande campagne de reboisement et amélioré la production animale.
Globalement, les programmes ont été respectés et les équipements essentiels assurés. Plusieurs réservoirs d’eau ont été construits afin de fournir suffisamment d’eau potable tout en le rapprocher du citoyen. Nous avons renforcé le transport des approvisionnements et assuré les programmes prévus et imprévus en matière de transport. Nous avons pu également répondre aux besoins en matière de gaz et carburants.
Il faut signaler que les budgets annuels ont été significativement augmenté à hauteur de 130% durant l’exercice passé. Une grande partie de cette augmentation (75,76%) a été consacré aux rétributions des employés.
Le secteur du commerce a augmenté le capital commercial et a contribué aux budgets annuels du gouvernement. Grâce aux efforts fournis, un niveau minimum de ressources financières a été garanti aux différentes structures pour accomplir au mieux leurs missions.
Les ressources financières issues de la coopération internationale ont accru de 52% et les projets validés, de 20%. A cela s’ajoute le soutien espagnol et italien et l’augmentation du nombre des jumelages, dont 70 nouveaux ont été enregistrés.
En ce qui concerne la construction, tous les programmes prévus ont été réalisés. Dans ce secteur nous avons dû faire beaucoup de restauration suite aux inondations de 2006 et la main d’ouvre local y a été employée.
Nous ne pouvons pas parler de l’aspect social et économique sans parler de la grande solidarité de l’Algérie sœur et du soutien qu’elle apporte à des secteurs vitaux comme l’enseignement, la santé, le transport etc. ainsi que sa contribution généreuse pour combler le déficit dans les denrées essentielles résultant de la réduction de l’aide humanitaire destinée aux réfugiés sahraouis.
Dans le domaine de l’information et de la culture, le secteur a été doté de matériel évolué et de nouvelles structures administratives ont été créées. Nous avons œuvré à faire progresser et à promouvoir la profession et nous avons initier la création d’un centre de la presse. Les préparatifs pour le lancement officiel de la télévision nationale ont progressé et le projet d’archive audiovisuel parachevé.
Nous soulignons également le rôle fondamental joué par la Radio nationale dans la couverture de l’Intifada de l’indépendance et les liens qu’elle a pu créer avec les populations des territoires occupés. Nous soulignons aussi l’évolution qualitative de l’Agence de presse sahraouie qui est devenue une source nationale d’information ayant du crédit auprès des médias internationaux. Quant au journal « Sahara libre », le progrès qu’il a réalisé est sans précédent, en passant d’un journal mensuel à un journal hebdomadaire avec une apparition régulière. Les autres publications comme la revue « 20 mai » ou bien celles des organisations de masse ont aussi progressé en édition et en distribution. Les nombreux sites d’Internet ont joué des rôles remarquables dans une bonne et régulière diffusion des aspects de la cause comme le site de « l’Union des journalistes et écrivains sahraouis ».
Nous soulignons aussi les grands efforts des cellules d’information du territoire occupés et au sud du Maroc qui diffusaient en temps rapide les informations sur ce que subit les sahraouis sous l’occupation, oeuvrant de la sorte à briser le black out sur le territoire.
Afin de préserver la culture, qui participe de notre identité nationale, de nombreuses recherches, conférences et colloques traitant l’histoire et la culture sahraouie ont été organisés. D’intéressantes études archéologiques et historiques ont été réalisées aboutissant à la découverte de nombreux sites archéologiques nouveaux, avec la coopération de plusieurs universités et équipes de recherches étrangères. Nous avons accordé de l’intérêt aux musées et fondé le noyau d’une bibliothèque nationale. Nous avons maintenu le Festival national de la culture et le Festival international du cinéma et de nombreuses participations dans des festivals culturels mondiaux ont été faites. Nous avons également organisé les Journées nationales du théâtre et accordé un intérêt permanent aux symboles de la poésie populaire.
Mesdames et Messieurs les congressistes,
Les Congrès du Front ont toujours été l’occasion de réviser les différents aspects de notre gestion, de pointer les erreurs et les lacunes pour pouvoir les rectifier et les dépasser à travers des programmes et plans d’action issus de ces mêmes Congrès.
De ce point de vue, et malgré tout ce qui a été réalisé depuis le XIème Congrès, plusieurs lacunes restent, toutefois, à combler, et que nous pouvons exposer comme suit :
Dans le domaine politique et organisationnel, nous soulignons une faiblesse dans l’action et le peu d’idéalisme chez les cadres. Le décalage entre le discours et l’application résultant du manque de conscience professionnel et de l’auto surveillance touche la crédibilité de l’Organisation et affaiblit la confiance en elle. Le discours et la pratique ne s’adaptant suffisamment pas aux évolutions sociales, ont engendré des difficultés dans l’insertion de certaines catégories de la jeunesse ainsi que d’autres catégories, issues de ces nouvelles évolutions sociales, dans les structures de l’organisation, sans oublier la faiblesse des structures de suivi des encadreurs.
Il y a aussi une faiblesse dans le rôle politique des organisations de masse en matière de mobilisation interne, dans l’encadrement de la diaspora, notamment en Europe, et l’absence d’une action politique concrète et régulière en directions des habitants de la campagne.
Dans le domaine de la défense, nonobstant le fait qu’il faut poursuivre les efforts en vue de parvenir à une meilleure préparation de nos unités militaires, il existe encore des lacunes au niveau du Département politique de l’armée, de la justice militaire, des unités de la gendarmerie, des structures financières et comptables. Les centres administratifs, malgré le nombre important de leurs effectifs, comparativement aux unités de combats, restent en deçà de l’efficacité requise. Nous notons un certain flottement dans le recrutement et la discipline ainsi qu’une pénurie en matière de transport, d’eau potable, de nourriture et de médecins. Notre région a connu aussi certaines activités nuisibles pour l’environnement et pour les sites archéologiques..
S’agissant du territoire occupé et du sud du Maroc, nous constatons une croissance inquiétante de l’émigration des jeunes ce qui va dans le ses de la politique de l’ennemi qui vise à vider la région des ses habitant et à priver l’Intifada de ses forces vives.
En ce qui concerne les affaire étrangères, nous soulignons un relâchement au niveau de certaines ambassades et représentations, un recul dans la position de l’International libéral, et le gel par certains pays de leurs relations diplomatiques avec la République sahraouie. Une faiblesse dans la coordination entre les différentes structures des affaires étrangères a été l’objet de critiques, de même qu’il y a un manque dans la formation diplomatique de certains cadres et une faiblesse dans le suivi des affaires de la diaspora. Nous constatons aussi le manque de cadres en nombre suffisant et à même de traiter le nombre important des délégations étrangères qui nous rendent visite, un amalgame entre l’accueil des étrangers et les cérémonials est à souligner au niveau de la Direction des Protocoles dont les Délégations régionales accusent un certain déficit.
Dans le domaine de l’administration, nous avons quelques préoccupations en ce qui concerne sa restructuration et sa modernisation, en lien avec l’aspect financier et l’absence de système comptable. Nous soulignons aussi quelques problèmes comme le non respect des règles édictées, l’absence de sanctions efficaces, faiblesse en gestion dans les recensements et le traitement de l’information, l’apparition de comportements négatifs dans le traitement administratif, faiblesse dans le contrôle des documents officiels, faiblesse dans l’archivage, la gestion et le contrôle administratif, faiblesse dans les critères de recrutement, de promotion et de sélection des fonctionnaires et l’irrégularité des procédures d’évaluation, faiblesse des rémunérations même si celles-ci ont été généralisées à tous les niveaux du corps administratif, faiblesse de recrutement des jeunes qualifiés et diplômés.
La planification, la programmation et l’orientation n’ont pas atteint un niveau à même de résorber les difficultés de certaines structures, notamment sécuritaires, qui souffrent du manque de moyens. A cela s’ajoute le manque d’une coopération suffisante avec les structures de contrôle. En cas de catastrophes, nous n’avons pas de mécanismes qui pourraient assurer les premiers soins. Et l’état des administrations locales n’est pas en adéquation avec le poids des missions qui leur incombent.
Dans le domaine social et économique, la préoccupation la plus grave est le manque effrayant de la croissance démographique et l’augmentation de l’émigration qui menace l’existence même des sahraouis.
Nous pouvons dire que les dépenses outrancières et les gaspillages dans les fêtes et les célébrations sociales ainsi que le poids de la dot qui empêche les jeunes de se marier sont contraires aux enseignements de notre religion et aux antipodes de la réalité que vit notre société.
Dans le secteur de l’enseignement, la participation de la famille dans les activités pédagogiques est très limitée. Les fournitures scolaires et les manuels connaissent un déficit, les équipements scolaires sont vieillissants, la formation professionnelle ne remplit pas assez ses objectifs, l’enseignement, l’encadrement et les résultats scolaires restent faibles, les manuels scolaires ne sont pas uniformisés, les élèves se désintéressent des langues vivantes et des matières scientifiques et les cadres compétents émigrent à l’étrangers.
Les services de santé sont fluctuants, manque des moyens radiographiques et absence de la médecine légale, l’inexistence de contrôle médicale des personnes venant de l’extérieur, problème de contrôle de la qualité de l’eau potable et de l’environnement.
Malgré les efforts consentis, la culture du droit n’est pas encore enracinée dans tous les milieux de la société, la croissance de la population et l’apparition de phénomènes nouveaux ne facilitent pas la tâche, même si une amélioration progressive est à noter.
D’autres préoccupations demeurent encore, il s’agit du manque de formation des cadres de la protection sociale, de l’emploi des jeunes, de la coordination des vacances estivales, la faiblesse du sport national et les sports populaires. La dépendance quasi-totale des aides extérieures, l’absence de gestion rationnelle des moyens, l’absence des gestionnaires compétents, l’absence de nouvelles sources pour consolider le budget de gestion, la faiblesse de production des ateliers techniques et industriels, l’absence d’organisation et de réglementation du marché.
La richesse animale ne couvre pas les besoins nationaux et le commerce n’a pas attiré des spécialistes dans le secteur.
Dans le domaine de l’information et de la culture, il y le problème de l’instabilité des effectifs, le vieillissement de certains studios et stations. Les médias n’ont pas été suffisamment mobilisés pour lutter contre les dépassements et les phénomènes négatifs, l’Agence de presse sahraouie manque encore d’éléments qui conviennent à une agence officielle d’information, l’absence d’une structure d’édition et d’impression. Dans la culture, il y a le problème du pillage et de la destruction dune partie de notre patrimoine archéologique, le manque d’enthousiasme pour la création chez les intellectuels et l’absence de professionnalisation dans le domaine des arts.
Mesdames et Messieurs les congressistes,
Nous sommes appelés à assumer nos responsabilités historiques et prendre des décisions capitales qui correspondent à nos espoirs, et qui répondent au besoin d’enraciner l’union nationale, de renforcer la confiance et l’unité des rangs et des objectifs. Nous devons analyser de façon consciente et responsable notre réalité nationale et les données internationales, développer nos acquis et fructifier nos succès. Nous devons nous arrêter, de façon objective, sur nos erreurs et nos lacunes, les corriger et les dépasser. Il nous faut être davantage créatifs dans nos actions futures, mobiliser les énergies nationales, renforcer et développer nos moyens de lutte pour faire face à toutes les éventualités.
Nous devons relever un certain nombre de défis dont nous citons les plus importants:
1- Une révision profonde des tâches et structures de notre organisation plaçant l’homme sahraoui au centre de l’action participant au devenir de la Nation sahraouie et de ses valeurs civilisationnelles, acceptant et garantissant le passage intergénérationnel et veillant au devenir du Front POLISARIO en tant qu’entité politique et représentant unique et légitime du peuple sahraoui.
2- La recherche de nouvelles méthodes pour réactiver l’organisation politique, renouveler le discours et renforcer le rôle mobilisateur des organisations de masse au sein de la société afin de garantir l’efficacité des structures de l’organisation politique et administratif pour parvenir à un encadrement réussi de nos populations, partout où qu’elles se trouvent.
3- Développer notre démocratie de la manière qui consolide notre unité et permet l’inclusion, l’acceptation et la canalisation de toutes les opinions et orientations ayant foi en l’indépendance et cherchant l’amélioration et le redressement.
4- Intensifier les programmes et les politiques en direction de l’armée de libération populaire sahraouie en tant que priorité stratégique dans notre combat pour la libération et pour l’existence. Développer ses capacités militaires et combatives et améliorer ses conditions morales et matérielles.
5- Soutenir l’Intifada et la résistance pacifique dans le territoire occupé et au sud du Maroc dans son escalade et trouver les moyens pour sa poursuite et sa consolidation, pour sa protection et sa diffusion dans les médias. Adopter cette ligne d’action partout, y compris au Maroc même.
6- Construire et développer une administration nationale forte, basée sur des compétences humaines et profitant de la technologie informatique. Développer les ressources humaines, revoir les structures, réviser les lois et règlements du secteur et trouver les mécanismes de leur application.
7- Renforcer les aspects sécuritaires, faire faces aux phénomènes négatifs, contrecarrer la propagande de l’ennemi et sa guerre psychologique et assurer une bonne coordination entre les différentes structures concernées.
8- Poursuivre la construction et le développement de l’appareil judiciaire, développer les affaires religieuses et la mosquée en tant que lieu d’éducation, d’orientation pour le bien de la société et rempart contre l’excès et l’extrémisme.
9- Faire face aux pressions économiques, mobiliser nos capacités pour consolider la résistance de notre peuple, pour préserver sa dignité et alléger ses souffrances. Promouvoir les initiatives productive et créatives dans tous les domaines et améliorer les services en direction des citoyens. Consacrer la justice et la transparence dans la gestion.
10- Améliorer le niveau scolaire et les compétences des enseignants et des encadreurs. Mieux orienter au niveau de l’enseignement supérieur et développer la formation professionnelle.
11- Poursuivre la politique de la santé préventive et améliorer les services de la santé. Encourager les compétences nationales et développer les recherches et les études dans le domaine.
12- Consolider la place de la femme dans la société et lui permettre de participer positivement et activement dans l’administration, la gestion et la décision politique à tous les niveaux.
13- Se concentrer sur la jeunesse, encourager et varier les programmes en sa direction. Accorder de l’intérêt aux programmes des vacances estivales, s’intéresser aux personnes ayant des nécessités particulières, encourager le sport de masse et le sport scolaires.
14- Redonner de l’importance à la politique de natalité en tant que choix stratégiques dont dépend notre destin et encourager les jeunes à se marier. Combattre les dots élevées, la gabegie dans les mariages et mettre en places des mécanismes capables d’intégrer les jeunes et limiter l’émigration.
15- Accorder davantage de soin à la diaspora et aux habitants de la campagne et trouver les formules pratiques pour qu’ils participent à l’action nationale.
16- Poursuivre les projets de développement et d’infrastructures dans les territoires libérés.
17- Moderniser le secteur de l’information dans ses aspects administratifs, professionnels, techniques pour qu’il soit capable d’accompagner les événements nationaux. Exploiter la technologie et les satellites pour développer la télécommunication
18- Préserver le patrimoine, la culture et les composantes de l’identité nationale. Ecrire l’Histoire nationale et développer les arts. Faire face aux manœuvres systématiques de l’ennemi visant à nuire à notre culture nationale.
19- Jeter les bases d’un travail extérieur conscient, régulier et dynamique qui précise et organise les missions et les priorités, qui forme et utilise les compétences, qui garantit l’efficacité et la discipline, qui contrôle et influence les événements et les évolutions.
20- Gérer le conflit au niveau de l’ONU de manière à préserver le droit inaliénable du peuple sahraoui à la liberté et à l’indépendance, à s’en tenir à la légalité internationale et à mettre en échec les manœuvres de l’ennemi. Agir intensivement auprès des responsables de l’ONU afin de garantir les libertés fondamentales, les droits de l’homme et préserver les richesses nationales dans le territoire occupé. Mettre en évidence la responsabilité de l’Espagne dans le parachèvement de la décolonisation de notre pays.
21- Parachever l’édifice institutionnel de l’Etat sahraoui sur des bases modernes, respectant les fondements de l’Etat de droit, la démocratie et la bonne gouvernance. Un Etat qui milite pour un monde libre, pacifié et prospère, pour un monde sans terrorisme, sans violence, sans racisme, sans pauvreté, sans drogues, sans émigration clandestine, sans trafics etc.
Mesdames et Messieurs les Congressistes,
Le Front POLISARIO, en tant qu’héritier de mouvement de résistance nationale sahraouie, mène un combat libérateur jalonné de gloires et d’héroïsmes, d’acquis et de victoires, de douleurs et de souffrances, de difficulté et de défis.
Nous menons une guerre de libération juste, qui se poursuivra jusqu’à réaliser ses nobles objectifs quel que soit le temps que cela prendra et quelles que soient les manœuvres des colonialistes et quelles que soient les formes de lutte que les résolutions internationales autorisent. Ces résolutions légitiment déjà notre combat pour nous défendre et défendre nos droits par tous les moyens légitimes, par la résistance pacifique et par la lutte armée.
Depuis le début de sa création, le Front POLISARIO a considéré la construction de l’homme comme un objectif premier, parce qu’il est une garantie fondamentale de toute continuité et de toute victoire. La révolution sahraouie a construit un projet civilisationnel porté par une société moderne, attachée à ses droits et consciente de ses responsabilités. Un projet fondé sur le respect des principes de la démocratie et sur le respect des droits de l’homme. Un projet basé sur l’ouverture et l’acceptation de l’autre, sur le bon voisinage, sur le respect mutuel et la coexistence entre les religions et les cultures, qui donne à la femme la place qui lui revient et qui la met à pied d’égalité avec l’homme.
Le peuple sahraoui a franchi des étapes importantes dans le processus d’édification des institutions de son Etat indépendant et de la RASD qui est la concrétisation de sa volonté d’être libre et indépendant et qui est, aujourd’hui, une réalité incontournable, membre fondateur de l’Union africaine et facteur d’équilibre et de stabilité dans la région.
34 ans de guerre de libération sont la preuve de notre capacité à résister, de notre détermination à réussir et de notre refus d’obéir. Le combat pour la liberté ne saurait être mesuré en années mais par la manière de s’attacher à cette liberté et par la valeur des sacrifices et de souffrances endurées pour l’obtenir.
L’ennemi et ses alliés ont parié ces dernières années sur une conception fallacieuse visant à réduire la portée du combat de libération nationale du peuple sahraoui et qui consiste à dire que le territoire et la population ont été acquis et que seul restent un petit groupe de combattants et des camps de réfugiés qui ne tarderaient pas à accepter le fait accompli sous la pression du temps et les pressions par la réduction de l’aide humanitaire.
Mais le combat de notre vaillante armée, et la résistance de notre peuple dans les campements de la fierté et de la dignité, dans le territoire occupé et partout où il se trouve, le soutien apporté par nos frères, par nos amis et alliés de part le monde, ont bouleversé tous les calculs de nos ennemis. Une grande résistance pacifique s’est déclenchée et s’es propagée dans tout le territoire occupé, au sud du Maroc et même dans les universités marocaines et ailleurs.
Loin des rêves et désirs des ennemis, voici la vérité incontournable sur laquelle pariait le Front POLISARIO, celle du rejet catégorique des sahraouis de la présence coloniale au Sahara Occidental et qui se manifeste jour après jour.
Ce fort consensus sahraoui est sans précédent dans l’histoire de notre peuple et reflète la force des fondements sur lesquelles s’est basé le Front qui exprime le sentiment profond du peuple. Et c’est parce qu’il croit profondément en la volonté du peuple que le Front se bat pour défendre ses aspirations et s’accroche à ses droits et à ses choix nationaux.
L’histoire de notre résistance est chargée de gloire et de hauts faits, de l’inventivité dans la lutte et la créativité dans la résistance. Notre guerre de libération héroïque et notre vaillante Intifada pacifique sont un motif de fierté pour notre peuple et nous permettent de se tourner vers l’avenir, confiants dans la prochaine et inéluctable victoire. Aujourd’hui, les sahraouis sont conscients et défendent, plus que jamais, leurs droits légitimes, et plus attachés encore à leurs aspirations nationales sacrées.
Le peuple est uni autour du Front POLISARIO, son avant-garde de lutte, et préparé pour des sacrifices à la hauteur de la liberté et de l’indépendance recherchées.
Depuis notre territoire libéré, nous renouvelons notre appel à la communauté internationale dans toute ses composantes, et notamment à l’ONU, aux membres du Conseil de sécurité et aux membres de l’Union européenne pour qu’ils assument leurs entière responsabilité dans le règlement du conflit du Sahara Occidental sur des bases justes et légales
L’Histoire nous a enseigné que le conflit sahraoui marocain ne pourra trouver sa solution en dehors du cadre de l’ONU et de ses résolutions appelant à la décolonisation du Sahara Occidental et l’application du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui.
Trente deux ans de lutte acharnée et grandissante contre l’injustice et l’occupation marocaine ont mis en échec la thèse fallacieuse qui soutient qu’une indépendance du Sahara occidental issue de la légalité internationale serait source d’insécurité et de déstabilisation du trône. En réalité, si instabilité du Maroc y avait, elle serait plutôt la conséquence de sa doctrine expansionniste qui n’a épargné aucun de ses voisins.
Nous pouvons affirmer, sans exagération ni arrogance, que le peuple sahraoui a prouvé qu’il ne saurait y avoir intégration ni de stabilité dans le Maghreb et le nord de l’Afrique sans qu’il y ait une solution du conflit du Sahara Occidental fondée sur l’exercice de ses droits légitimes. Ce peuple a donné la preuve éclatante de sa volonté de parvenir à une solution par les voies pacifiques comme en témoignent sa coopération constante avec la communauté internationale et les concessions et propositions constructives qu’il a fournies.
La proposition de solution, présentée en avril 2007 par le Front POLISARIO est fondée sur la légalité internationale, d’une part, et tenant compte des préoccupations de la puissance coloniale d’autre part. Elle ouvre également la porte à toutes les options devant le choix libre et démocratique du peuple sahraoui.
Le peuple sahraoui ne lâchera pas ses droits quelles que soient les manœuvres et les pressions. Il n’abandonnera pas les choix légitimes pour les défendre et notamment le choix de reprendre les armes pour sa dignité et sa liberté.
Face à l’entêtement du gouvernement marocain qui s’est désengagé des accords signés avec la partie sahraouie sous l’égide de l’ONU et face aux tergiversations de la communauté internationale à l’égard de ses responsabilités, nous ne souhautens pas la guerre, que nous honnissons, mais si celle-ci est de nouveau imposée à notre peuple, elle sera alors plus meurtrière, plus large et les graves conséquence sur la sécurité et la stabilité de la région n’en seront pas maîtrisées.
Nous regrettons le prolongement de ce conflit qui touche les intérêts vitaux du Maghreb et de la méditerranée, et qui aurait pu être réglé si certaines puissances occidentales n’avaient pas choisi de soutenir l’injustice et le colonialisme au détriment du droit et de la légalité internationale, au détriment des droits de l’homme et des principes de la démocratie et de l’autodétermination.
Mesdames et Messieurs les Congressistes,
Nous ne pouvons pas laisser passer un anniversaire de cette importance sans exprimer notre profonde gratitude et nos vifs remerciements à tous nos amis et alliés de part le monde, qu’ils soient gouvernement, partis politiques, organisations et sociétés civiles, membres du mouvement solidaire, en Europe, en Afrique, en Amérique latine, en Asie, en Australie, et aux Etats unies d’Amérique qui nous ont apporté leur soutien aux moments les plus sombres de notre histoire et se sont attachés, plus que jamais, à des positions nobles et courageuses.
Nous saluons et remercions l’Algérie soeur pour sa position courageuse, historique et de principe, conforme aux idéaux et principes d’une révolution exemplaire, celle du 1er novembre. Position conforme, aussi, à la légalité internationale et à la charte de l’Union africaine.
L’Algérie ne s’est pas limitée à une position politique claire, fondée sur le refus de l’injustice imposée aux sahraouis par la division de leur pays et son annexion violente par le Maroc au mépris du droit international, mais elle a aussi ouvert ses bras aux dizaines de milliers de réfugiés sahraouis qui ont fui le génocide et le massacre au napalm et au phosphore blanc de l’aviation marocaine.
L’Algérie s’est mise au côté du peuple sahraoui dans sa juste lutte de libération, y compris dans les moments les difficiles qu’elle a traversés et prompte à apporter, sans hésiter, toute sorte de soutien pour faire face aux pressions, aux catastrophes et aux difficulté dont a souffert le peuple sahraoui. L’Algérie, dans toutes ses composantes, gouvernement, partis politiques, et société civile, a toujours été de notre côté.
Depuis notre territoire libéré, nous disons au monde qu’il peut témoigner de cette position inoubliable et de notre gratitude, reconnaissance, et estime à son égard. Nous souhaitons à l’Algérie soeur, présidée par son Excellence, le Président Abdelaziz Bouteflika davantage de progrès, de prospérité, de développement, d’entente et de concorde.
Nous saluons, aussi, chaleureusement la position courageuse et de principe de l’ensemble des peuples espagnols qui ont soutenu notre juste cause et nous rappelons à l’Etat espagnol sa responsabilité historique, juridique, et morale à l’égard du peuple sahraoui et dans le parachèvement du processus de décolonisation et de l’autodétermination du Sahara Occidental.
Nous saluons aussi l’Afrique et ses peuples envers lesquels nous avons estime et considération pour l’adoption de notre cause en tant que question de décolonisation africaine et ce dès le début du conflit. L’Afrique nous a soutenus et défendus dans tous les forums internationaux et à tous les niveaux malgré les circonstances et les difficultés. Sa position historique et de principe s’est concrétisée par l’inclusion de la RASD au sein de l’Union africaine et par son militantisme en faveur de la décolonisation de notre pays. L’Afrique demeure convaincue que sa libération reste inachevée tant que le peuple sahraoui n’a pas encore exercé son droit à l’autodétermination et à l’indépendance, à l’instar de tous les peuples d’Afrique. Et si le Maroc ne fait pas aujourd’hui partie de l’Union africaine, comme naguère le fut le régime de l’Apartheid sud africain, c’est parce qu’il n’a pas respecté la doctrine de l’Afrique sur les frontières héritées du colonialisme. Aussi, nous exprimons ici notre douleur à l’égard de ce qui se passe en Somalie, au Darfour et dans d’autres endroits de l’Afrique où nos frères africains souffrent encore. Nous unissons nos efforts avec ceux des peuples et pays africains pour réaliser la paix, la stabilité, la prospérité et le progrès dans notre cher continent.
Nous rendons, également hommage aux positions déclarées à l’intérieure même du Maroc en faveur de l’autodétermination du peuple sahraoui, comme celles de la Voie démocratique, de l’AMDH et d’autres personnalités marocaines et nous assurons le peuple marocain de notre volonté sincère de bâtir la confiance et la coopération qu’il faut pour que nos deux peuples et nos deux pays vivent dans la coexistence pacifique et le respect mutuel.
Nous saisissons cette occasion pour renouveler la position du Front POLISARIO favorable à une Union maghrébine fondée sur des bases justes et constructives, sur le respect de la légalité internationale et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, exempt de toute velléité hégémoniste et expansionniste. Nous voulons une union maghrébine où les efforts de ses six pays pourront converger et se concentrer dans l’intérêt des ses peuple et où les moyens économiques et humains communs seront orientés vers le progrès et le développement.
Pour sa part, le peuple sahraoui est prêt à contribuer efficacement à réaliser ce rêve maghrébin dans la dignité et la liberté, dans la démocratie, la paix et la stabilité.
Nous voulons sincèrement construire un monde où les peuples peuvent vivre dans la paix et la liberté, et à cet égard, nous renouvelons notre soutien au peuple palestinien frère dans sa lutte pour exercer son droit à l’autodétermination et construire son Etat indépendant ayant Jérusalem pour capitale et vivant en paix à côté de tous les pays et peuples du Proche orient.
Mesdames et Messieurs les Congressistes,
Dans cette journée historique, nous devons rendre hommage au Martyr de la liberté et la dignité, le Martyr El Oueli Moustapha Es-Sayyed et à tous les martyrs de la lutte de libération, de Mohammed Sidi Brahim Bassir à Lembarki et Lekhlifi, Martyrs… Martyrs de l’Intifada de l’indépendance.
Nous exprimons également notre considération et notre fidélité aux glorieux héros de l’armée de libération populaire sahraouie, protecteurs de la patrie et de la dignité du peuple. Hier comme aujourd’hui, ils ont su garder libre cette partie du territoire qui nous est si chère.
Nous rendons hommage à nos populations restées dans le territoire occupé, et particulièrement aux héros et héroïnes de l’Intifada, partout où qu’ils se trouvent et résistent. Qu’ils soient à El Aiun, à Smara, à Dakhla, à Boujdour etc. Ou bien au sud du Maroc, à M’hamid El Ghezlan, à Assa, à Tantan, à Gleïmim, à Zak, à Asrir, à Tarfaya, etc.
Nous exprimons notre estime et notre solidarité à l’égard de tous les prisonniers politiques dont des activistes et des responsables d’associations des droits de l’homme comme Brahime Sebbar et ses camarades. Nos prisonniers relèvent fièrement le défi dans les ténèbres des prisons de l’occupant, dans la prison noire d’El Aaiun occupée, dans les prisons marocaines d’Agadir, de Tiznit, d’Aït Melloul, de Taroudant, de Kenitra etc. Et nous renouvelons notre demande de lever le secret sur le sort de plus de 500 disparus civils sahraouis et sur celui de 151 prisonniers de guerre sahraouis aux mains du Maroc depuis son invasion illégale de notre pays, le 31 octobre 1975.
Nous lançons un appel à toutes nos populations, où qu’elles se trouvent, au territoire occupé, au sud du Maroc, aux territoires libérés, dans les campements de la fierté et de la dignité, dans la diaspora et dans les campagnes, aux vaillants combattants de l’armée de libération populaire et nous leur disons de lever la tête bien haute, de rester dignes, fiers et orgueilleux, de demeurer fidèles aux martyrs, d’être toujours prêts pour le combat de libération national pour lequel, les moyens ne nous feront pas défaut, car nos moyens de combat sont le droit, la légalité et une volonté indomptable. Cela requiert de chacun d’entre nous des sacrifices et de l’audace, de la conscience et de la prudence, de l’unité et de l’homogénéité. Nous devons porter plus haut nos actions patriotiques et notre combat, dans tous les domaines pour être à même de répondre aux exigences et de relever les défis de l’étape actuelle.
Combat global pour imposer la souveraineté et l’indépendance totale. (SPS)
010/TFR/000 141411 DEC 07 SPS
|