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Bruxelles, 09/04/2008 (SPS) Des eurodéputés de l’intergroupe du Parlement européen "Paix pour le peuple sahraoui" ont plaidé mercredi pour l’adaptation de la stratégie de lutte en faveur de la cause sahraouie pour en améliorer l’efficacité et la "visibilité".
Au cours d’une rencontre avec un groupe représentant l’Eucoco (Coordination européenne pour la solidarité avec le peuple du Sahara occidental) et le mouvement associatif européen favorable à l’autodétermination du peuple sahraoui, l’eurodéputée portugaise Anna Gomez a proposé de nouvelles initiatives "plus offensives" pour "faire la différence" et améliorer la "visibilité" de la cause sahraouie.
Partant du constat que l’UE s’en remet à l’ONU sur la question du Sahara occidental, malgré la responsabilité historique dans la décolonisation d’un de ses membres, l’Espagne, Mme Gomez a estimé qu’en focalisant sur les négociations maroco-sahraouies sous la houlette des Nations unies, "on fait le jeu du Maroc qui perpétue le statu-quo sur le terrain et qui mise sur le fait accompli colonial".
Elle propose des actions "plus hardies", comme l’envoi d’un groupe d’eurodéputés dans les territoires sahraouis, "même si les autorités marocaines continuent à s’y opposer, de manière à attirer l’attention de l’opinion publique et les institutions internationales et engager la responsabilité de la France, principal soutien des thèses marocaines, qui va assurer la présidence de l’UE à partir de juillet prochain".
"Je suis prête à y aller moi-même", a-t-elle assuré, rappelant que Rabat refuse depuis trois ans au comité ad hoc du Parlement européen de se rendre dans les territoires sahraouis occupés pour mener une mission d’information sur la répression des militants indépendantistes sahraouis.
Mme Gomez et d’autres députés européens ont également appelé à saisir l’occasion de la présidence française de l’UE (de juillet à décembre prochains) pour "mener des actions extra-muros afin de mettre au jour l’attitude de ce pays qui est le principal appui aux thèses annexionnistes marocaines et engager sa responsabilité face à l’opinion publique".
Le vice-président de l’intergroupe "Paix pour le peuple sahraoui", Meyer Pleite Willy, a dénoncé la passivité de l’UE qui "préfère regarder ailleurs" pour ne pas à avoir à "exercer des pressions sur le Maroc pour faire valoir les résolutions de l’ONU en faveur du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui".
Il a également annoncé que son groupe allait fixer un agenda d’activité qui vise à "améliorer la visibilité" du combat sahraoui, notamment à la faveur de la présidence française de l’UE.
La décolonisation du Sahara occidental, selon de nombreux intervenants, souffre également de l’attitude de l’Espagne qui, en tant qu’ancienne puissance colonisatrice, "se dérobe" à son devoir de mener à terme le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui.
Le professeur en droit international, Paulette Pierson, a fait observer que les pays occidentaux ont tendance à s’aligner sur les positions de l’ancienne puissance coloniale. Or, a-t-il soutenu, "si aucun pays ne remet ouvertement en cause la légalité internationale, en l’occurrence les résolutions de l’ONU appelant l’organisation d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui, cela n’est pas suivi d’effet par les gouvernements".
"L’attachement au droit international ne suffit pas, s’il ne conduit les pays qui s’en prévalent à se conformer à cette légalité internationale", a-t-il relevé.
Aussi, "on ne peut pas se reposer sur le droit international seulement pour faire triompher le droit des peuples, d’où l’importance de ces actions de soutien et de sensibilisation des opinions publiques", a-t-il ajouté.
D’autres eurodéputés et membres du mouvement européen de soutien au peuple sahraoui ont dénoncé les exactions, dont sont victimes les militants sahraouis des droits de l’homme dans les territoires sahraouis, et les accords de pêche UE-Maroc qualifiés d’"illégaux" et ne respectant pas la condition posée par l’UE, à savoir que les populations locales (sahraouies) doivent en tirer profit.
Le ministre-délégué sahraoui pour l’Europe, Mohamed Sidati, invité à la réunion, a soutenu que ces appels au changement de stratégie interviennent à un moment où le Front Polisario, lors de son 12ème congrès a laissé "ouvertes" toutes les options, y compris la reprise de la lutte armée.
"Certes, le Front Polisario donne toutes ses chances aux négociations directes avec le Maroc, mais prévient que la situation devient intenable", a-t-il averti soulignant que "80% de la jeunesse sahraouie sont tentés d’en découdre avec l’occupant marocain".
Pour briser "la conspiration du silence", il en appelle aux organisations de soutien au peuple sahraoui d’aider à la sensibilisation des responsables et des opinions publiques européens sur "les dangers réels" d’une conflagration dans la région.
La rencontre avec l’intergroupe à laquelle a pris part la toute nouvelle association algéro-belge de soutien au peuple sahraoui, s’inscrit dans le cadre de deux journées de lobbying organisées, mardi et mercredi à Bruxelles, par les associations internationales de soutien au peuple sahraoui, décidé lors de la conférence de l’Eucoco en mai dernier à Rome. (SPS)
020/090/700 091550 AVRIL 08 SPS
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