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Chahid El Hafed (camps de réfugiés), 22/03/2008 (SPS) Le président sahraoui, Mohamed Abdelaziz, estime qu'il est positif de continuer les négociations sous les auspices de l'ONU pour solutionner le conflit du Sahara Occidental, malgré les "agressions" marocaines et son attitude "décevante", rapporte l'agence de presse espagnole, EFE.
Le résultat des négociations est une grande "déception" parce que le Maroc "continue à s'attacher à ses positions" de non respect de l'application des résolutions 1754 et 1783 de l'ONU, qui réclament une solution conduisant à "l'autodétermination du peuple sahraoui, a indiqué le Président sahraoui dans une déclaration à la presse espagnole, ajoute EFE.
M. Abdelaziz espérait une "compréhension mutuelle pour aboutir à une solution négociée" du conflit, déplorant que "l'autre partie (Maroc) est en train de démontrer une position de force et ses intentions ne sont pas réellement bonnes", en référence aux manœuvres militaires marocaines dans la zone occupée du Sahara Occidental, a indiqué la même source.
Pour le Président sahraoui, "ces exercices militaires signifient en réalité une attitude négative et provocatrice et des intentions belliqueuses", a-t-il souligné, ajoutant que le Maroc cherche à "camoufler sa volonté d'agression en prétendant justifier ces manœuvres pour des supposés activités anormales du Polisario" dans le zone libérée que contrôle la république sahraouie, a indiqué EFE.
Il relèvera que toutes les activités du Polisario dans les territoires libérés sont les plus ordinaires et sont également concertées avec l'ONU, ajoutant que le 12ème congrès du Polisario organisé en décembre dernier à Tifariti était une "acte politique démocratique et civique de paix avec la participation de centaines d'hommes, de femmes et d'observateurs internationaux".
Il a en outre exprimé sa "profonde préoccupation" pour "les violations constantes" des droits humains dans les "zones occupées et s'est référé aux "60 prisonniers politiques" sahraouis en grève de la faims depuis plus de deux semaines dans plusieurs prisons marocaines.
"En plus de tout cela et malgré ceci, il est positif d'avancer dans la voie des négociations sous les auspices de l'ONU", a indiqué M. Abdelaziz, sachant qu'elles (négociations) consacrent que le problème est "un problème de décolonisation et qu'il est entre deux parties et il n'y a pas de troisième".
"Le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination est sur la table de négociation et il faut le respecter", a-t-il martelé.
Toutefois, a-t-il déploré, "le Maroc à fait un pas en arrière dans ses compromis depuis le Plan de règlement qui a engendré le cessez-le-feu en 1991 et les Accords de Houston passant par le Plan Baker de 2003 et l'ONU a toujours montré un manque de fermeté". "Elle ne l'a pas obligé à respecter les résolutions internationales, a-t-il souligné.
Interrogé sur les activités de la jeunesse sahraouie dans le conflit, M. abdelaziz a indiqué qu'il n'y aucun signal qui fait craindre qu'il vont perdre leur identité nationaliste ou qu'ils ne vont pas s'incorporer dans la lutte armée si c'est le cas. "C'est tout le contraire, ce sont eux qui aujourd'hui font des pressions pour revenir à la guerre", a-t-il indiqué.
Sur la différence des équipements militaires entre les deux parties, M. Abdelaziz a indiqué que "le Polisario avec un effectif de 15.000 à 20.000 hommes armés, se concentre sur la formation et la détermination du combattant, la facilité du mouvement, la connaissance du terrain et la surprise".
"Nous n'avons jamais compté ni sur la quantité ni la qualité des armes parce que le Maroc en dispose de plus, de meilleurs qualité et de plus de soldats", a-t-il ajouté.
En ce qui concerne le Gouvernement espagnol, le Président sahraoui a demandé à ce dernier de faire le maximum pour que l'Espagne "rectifie l'erreur" commise en son temps en renonçant à conduire le processus de décolonisation du territoire".
En plus, a-t-il déploré, "ce n'est pas un apport à la paix que l'Espagne cède 1.200 véhicules de transport d'infanterie et de base de lance de bombe de fragmentation au Maroc, sachant qu'elle seront utilisés dans la guerre contre le peuple sahraoui".
En ce qui concerne le mur érigé par le Maroc, M. Abdelaziz considère que c'est un "crime", mettant en exergue la marche et la chaîne humaine de protestation formée samedi devant ce rempart militaire. (SPS)
010/090/666 221506 MARS 08 SPS
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